Le FMI n’augmente pas ses prévisions de croissance mondiale malgré les tensions.
La croissance mondiale est attendue à 3,3 % en 2026, soit une révision en hausse de + 0,2 point par rapport à l’estimation précédente. En Espagne, la croissance prévue est de 2,3 % (+ 0,3 point), faisant de ce pays l’économie européenne la plus dynamique.
Malgré des tensions géopolitiques et commerciales persistantes, l’économie mondiale se montre résiliente et pourrait même connaître une surprise positive en 2026. Selon la dernière mise à jour du rapport sur les perspectives économiques mondiales du Fonds monétaire international (FMI), publiée ce lundi, la croissance mondiale est désormais estimée à 3,3 % en 2026, représentant une révision à la hausse de + 0,2 point par rapport aux précédentes prévisions.
Ce rythme, conforme à celui observé lors des deux dernières années, devrait se maintenir grâce à cette résilience, avant un léger recul anticipé à 3,2 % en 2027.
« L’économie mondiale est sortie plus rapidement que nous ne l’anticipions des perturbations commerciales dues aux droits de douane », a déclaré Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du FMI, lors d’une conférence de presse. Il a ajouté que cela ne signifie pas que ces perturbations n’ont pas eu d’effets, mais que d’autres forces ont également joué en faveur de la croissance. Parallèlement, l’inflation devrait continuer de ralentir au niveau mondial, atteignant 3,8 % cette année (+ 0,1 point) et 3,4 % l’année prochaine, avec une tendance proche de 2 % dans les économies avancées.
Malgré tout, de nombreuses incertitudes demeurent, notamment en ce qui concerne les risques géopolitiques accrus et la possibilité d’une bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle (IA), surtout « si les promesses de gains de productivité et de rentabilité ne se concrétisent pas », a averti Pierre-Olivier Gourinchas.
Actuellement, l’économie mondiale devrait se maintenir grâce à une amélioration inattendue de la croissance aux États-Unis et en Chine ainsi qu’une légère amélioration au sein de l’Union européenne (UE). La croissance américaine devrait, en particulier, rebondir légèrement par rapport à 2025, passant à 2,4 % (+ 0,3 point), après avoir terminé 2025 à 2,1 %, selon les premières données du FMI.
« Il y a bien sûr un rôle important joué par les investissements dans l’IA qui stimulent la croissance », a souligné le chef économiste du FMI, indiquant une divergence notable avec d’autres économies avancées.
En ce qui concerne la Chine, la croissance prévue en 2026 est également revue à la hausse, atteignant 4,5 % (+ 0,3 point), bien qu’elle montre des signes de ralentissement après deux années à 5 %. Ce ralentissement devrait se poursuivre en 2027, avec une prévision de 4 %, selon le FMI. Bien que le commerce avec les États-Unis se soit ralenti, « les échanges avec le reste du monde sont à des niveaux historiquement élevés, avec une accélération notamment vers d’autres pays asiatiques », a noté Pierre-Olivier Gourinchas.
De son côté, l’UE continue d’afficher des signes de solidité, malgré un contexte complexe. La croissance européenne devrait légèrement diminuer par rapport à 2025, atteignant 1,3 % contre 1,4 %, mais la prévision pour 2026 a été légèrement révisée à la hausse par rapport à l’estimation d’octobre (+ 0,1 point), en grande partie grâce aux économies allemande et espagnole, qui sont actuellement les moteurs de la croissance en Europe.
L’Espagne devrait rester l’économie européenne la plus dynamique, avec une croissance attendue à 2,3 % (+ 0,3 point). Quant à l’Allemagne, elle semble en passe de sortir de plusieurs années difficiles post-Covid – avec une croissance de seulement 0,25 % en 2025 après deux années de récession – pour dépasser 1 % cette année, avec une prévision de 1,1 % (+ 0,2 point).
Cette reprise s’explique par « des dépenses militaires et des investissements publics en hausse, ainsi que les effets retardés de la détente de la politique monétaire, qui devraient soutenir la consommation des ménages », a précisé Petya Koeva Brooks, directrice adjointe à la recherche du FMI.
Enfin, la France devrait voir son activité économique progresser de 1 % cette année (+ 0,1 point) et légèrement s’accélérer en 2027, atteignant 1,2 %, malgré une instabilité politique persistante, probablement jusqu’à l’élection présidentielle de 2027.

