L’Arabie saoudite rejoint la mission navale menée par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz

Quelques jours après les attaques de drones contre des infrastructures pétrolières d’Aramco, Riyad a annoncé son intention de participer à la mission navale sous commandement américain censée sécuriser les eaux du Golfe.

L’Arabie saoudite se joint à la mission navale dirigée par les États-Unis et censée sécuriser les navires marchands dans le détroit d’Ormuz, a annoncé l’agence de presse officielle de l’Arabie saoudite (SPA), citant un responsable du ministère de la Défense.

«Le Royaume collaborera avec ses alliés pour assurer la sécurité des routes énergétiques et l’approvisionnement continu de l’économie mondiale, ainsi que pour maintenir la paix et la sécurité internationales», indique l’agence.

Cette annonce intervient quelques jours après des attaques de drones contre des installations pétrolières saoudiennes. Celles-ci ont réduit de moitié la production de pétrole du Royaume et entraîné une diminution de 5% de la production mondiale.
Les États-Unis ont imputé la responsabilité des attaques à l’Iran, grand rival de l’Arabie saoudite, ce que Téhéran a démenti. Ses alliés dans le conflit au Yémen, les Houthis, ont revendiqué la responsabilité de ces raids, affirmant que dix drones avaient été utilisés.

Mission américaine dans le détroit d’Ormuz

Les États-Unis cherchent depuis à mettre sur pied une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le golfe Persique.

L’Australie, Bahreïn et le Royaume-Uni ont déjà rejoint la mission. Or, de nombreux alliés de Washington, notamment européens, ne souhaitent pas se laisser entraîner dans un conflit ouvert dans cette région par laquelle transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime au monde. Le chef du gouvernement iranien, Hassan Rohani, a déclaré que les pays côtiers du Golfe n’avaient pas besoin d’une force étrangère dans la région, indiquant qu’ils étaient en mesure d’assurer eux-mêmes sa sécurité.

Paris envoie ses experts enquêter

Des spécialistes français vont être envoyés en Arabie saoudite pour enquêter sur les récentes attaques de drones contre des raffineries du pays.

Des experts français participeront à l’enquête sur les récentes attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, a annoncé l’Élysée à l’issue d’un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le 14 septembre 2019, les infrastructures de la compagnie pétrolière Saudi Aramco à Abqaïq et Khurais ont été endommagées lors d’un incendie après des attaques de drones. La société a été contrainte d’interrompre les activités des sites affectés ce qui a abouti à la réduction de la production saoudienne de 5,7 millions de barils par jour, soit 5% de la production mondiale.

«Le Président de la République a fermement condamné les attaques ayant visé des sites pétroliers à Abqaïq et Khurais… Il a assuré le prince héritier saoudien de la solidarité de la France avec l’Arabie saoudite et sa population face à ces attaques et réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la sécurité de l’Arabie saoudite et de la stabilité de la région… En réponse à la demande des autorités saoudiennes, le chef de l’État a confirmé au prince héritier l’envoi en Arabie saoudite d’experts français pour participer aux enquêtes destinées à faire toute la lumière sur l’origine et les modalités des attaques du 14 septembre», indique le communiqué de l’Élysée.

Attaques de drones

Des drones des Houthis yéménites ont visé samedi 14 septembre deux installations stratégiques de la compagnie pétrolière Aramco, à plus d’un millier de kilomètres de Sanaa, la capitale du Yémen contrôlée depuis cinq ans par les Houthis.
Les États-Unis ont imputé les attaques à l’Iran, ce que la République islamique a nié, dénonçant des accusations «insensées».

Le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré que Riyad inviterait des spécialistes internationaux et de l’Onu à rejoindre l’enquête sur les attaques des infrastructures pétrolières