L’ancien ministre Slim Khalbous a fait passer ses intérêts au détriment de la Tunisie

Slim Khalbous , ancien ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique , a publié ce vendredi un post sous le titre « Voilà pourquoi le Maroc attire l’investissement international et pas la Tunisie » pour expliquer à sa façon comment la Tunisie a raté l’opportunité d’acceuillir l’Université allemande au profit du Maroc en se posant la question « CETTE UNIVERSITÉ AURAIT DU OUVRIR EN TUNISIE ! »

La réponse est tombée immédiatement du professeur Adel Ben Amor qui dément Slim Khalbous et relate des faits 

La voici

Ci-après ma réponse au post de Slim Khalbous :
Ce post est mensonger, tout comme son intitulé est provocateur car c’est lui qui a fait avorter ce projet !
Ci-après, quelques éléments de réponse factuels et vérifiables :
1- La première réflexion a bien débuté en 2013, mais le projet a toujours porté le nom de « Université Tuniso-Allemande (UTA) » et non université allemande en Tunisie ! La différence est énorme.
2- L’omission volontaire de SK est qu’en mars 2013, une délégation, dont je faisais partie, a accompagné le ministre Bouden en Allemagne, avec 3 objectifs (1) Consolider la coopération en matière d’œuvres universitaires, (2) Approfondir la mise en œuvre du projet de l’UTA et (3) Evoquer la possibilité de mettre en place une mission universitaire tunisienne en Allemagne. En juin 2016, une délégation allemande a visité la Tunisie et un accord de principe a été conclu entre les deux parties, dans un cadre de PPP. Ayant auparavant obtenu l’accord du chef du gouvernement et préparé une visite de terrain, le ministère, en collaboration avec le gouverneur de Ben Arous, leur a organisé une visite technico-culturelle à Mornag pour visualiser le terrain prédestiné à l’UTA. SK s’attribue cet épisode alors que tout s’est passé avant son arrivée au ministère ! D’ailleurs, il y a une correspondance qui est partie début juillet vers le ministère de l’agriculture pour solliciter le reclassement de ce terrain à vocation agricole !
3- La partie française a multiplié ses efforts pour la mise en place d’une université tuniso-française (UTF), qu’elle souhaitait démarrer avant l’UTA ! La réponse du ministre Bouden était claire : la Tunisie est ouverte aux systèmes universitaires d’excellence, en conformité avec les textes règlementaires tunisiens et loin de toute concurrence ou substitution de projets.
4- L’accueil inélégant réservé au haut responsable allemand par SK et son désintéressement pour l’UTA au profit de l’UTF. C’est ainsi que, sentant le gouvernement Chahed en perte de vitesse et préparant sa carrière post-ministérielle, SK a démultiplié les visites et les contacts avec la partie française, accélérant la mise en place de l’université tuniso-française qui, curieusement, portera le nom d’Université Française en Tunisie pour l’Afrique et la Méditerranée, le tout dans un contexte de campagne électorale farouche pour l’AUF !
5- Sur le plan légal, la création des établissements d’enseignement supérieur obéit à la loi de 2008, et à celle de 2002 pour les établissements privés. Ces textes auraient suffi pour créer n’importe quelle université où la Tunisie est partenaire avec un autre pays. Aujourd’hui, l’UFTAM est abrité à l’université de Tunis, gérée par une ONG, accueille une soixantaine d’étudiants qui ont payé 9000 dinars de frais annuels d’inscription et qui suivent des formations déjà habilitées dans des établissements publics ! Comment autorise-t-on de telles formations dans une entité hors-la loi ?!
6- SK se lamente à la fin de la nécessité de réformer le système universitaire tunisien, oubliant qu’il a été ministre pendant 3 ans !!! A-t-il engagé une seule réforme pendant son mandat ? Bien au contraire, il a enterré le plan d’action stratégique et le plan quinquennal 2016-2020 qui lui ont été, avec d’autres projets et documents transmis, par mes soins, lors de la passation entre les deux ministres, déclarant qu’il a trouvé le ministère dans une situation catastrophique !
Pour reprendre ses mots, voilà la vraie histoire ! Tout ce que j’affirme est factuel et vérifiable. Lorsqu’on est ministre et qu’on convoite un poste en France, on est prêt à tous les compromis.

Adel Ben Amor