L’Amérique centrale privée d’aides par Washington à cause des migrants

International Salvador, Guatemala et Honduras sont accusés de ne « rien » faire.

L’administration de Donald Trump a supprimé des aides financières aux pays d’Amérique centrale accusés par le président américain de ne « rien » faire pour empêcher les migrants de se rendre aux États-Unis, a annoncé samedi le département d’État américain.

« À la demande du secrétaire d’État [Mike Pompeo, NdlR], nous mettons en œuvre la décision du Président et mettons fins aux programmes d’assistance pour le Triangle du Nord pour les années budgétaires 2017 et 2018″, a dit un porte-parole de la diplomatie.

Une mesure symbolique ?

L’année budgétaire 2018 a pris fin à l’automne dernier et le département d’État n’a pas précisé combien de crédits non encore dépensés étaient réellement concernés par cette mesure, qui pourrait être avant tout symbolique. Le « Triangle du Nord » comprend le Salvador, le Guatemala et le Honduras, trois pays d’où des dizaines de milliers de migrants, fuyant la misère et la violence, ont pris la route ces dernières années pour tenter d’entrer aux États-Unis.

Donald Trump a dénoncé jeudi l’inaction des gouvernements face à ces « caravanes« . « Le Honduras, le Guatemala et le Salvador ont pris notre argent pendant des années et ne font rien« , a-t-il tweeté.

1,3 milliard de dollars

Sur les deux dernières années, 1,3 milliard de dollars avait été alloué à l’Amérique centrale au titre de l’aide publique au développement américaine, dont l’essentiel à ces trois pays.

En décembre dernier, Washington et Mexico s’étaient engagés ensemble à réaliser d’importants investissements dans le « Triangle du Nord » et dans le sud du Mexique, dans l’espoir d’endiguer l’arrivée de migrants. Mais, jeudi dernier, Donald Trump a menacé de fermer la frontière avec le Mexique, au lendemain de déclarations du chef de la police aux frontières faisant état d’un nombre record d’interpellations de migrants illégaux sur le territoire américain : il évoquait le dépassement en mars de la barre des 100 000 interpellations de migrants illégaux, ce qui constituerait « le plus haut total mensuel depuis une décennie ». (AFP)