« L’affaire Conings révèle l’infiltration des idées d’extrême droite d’une ampleur insoupçonnée en Europe »

Trois semaines après avoir laissé ses lettres et ses menaces à sa compagne et à la police, Jürgen Conings court toujours. La cavale de ce soldat potentiellement armé jusqu’aux dents inquiète la Belgique et fait couler de l’encre au-delà des frontières du royaume. Un journaliste du quotidien économique et financier britannique Financial Times s’inquiète du soutien rencontré en Europe par les membres de l’armée qui défient les Etats européens. Car malheureusement, l’affaire Conings n’est pas le seul évènement qui met en lumière les mouvances d’extrême droite au sein des armées européennes. Les tribunes polémiques de militaires français et l’officier allemand accusé de préparer un attentat en se faisant passer pour un réfugié syrien sont d’autres tristes preuves de ce soutien à l’extrême droite.

En Belgique, la traque continue et le sac à dos du fugitif a été retrouvé. « Chaque jour qui passe, sa disparition jette une lumière un peu plus crue sur la réalité fort dérangeante de l’activisme d’extrême droite en Europe », écrit le journaliste du Financial Times. « La fuite de ce militaire vient attiser des craintes que suscitent, plus largement en Europe, les mouvances d’extrême droite actives au sein des armées nationales. »

Depuis un an, les autorités allemandes alertent sur cette menace des groupuscules d’extrême droite qui infiltrent nos polices et nos armées. C’est dans ce même pays qu’un militaire a voulu provoquer une réaction anti-musulmane, après s’être fait passer pour un réfugié syrien et avoir imaginé une attaque contre des politiques. Et c’est en France qu’en avril dernier, les tribunes signées par des centaines de militaires ont aussi entretenu une atmosphère anxiogène. Ces tribunes suggéraient que la France était en péril face aux menaces islamiste et migratoire. « Le premier texte avait pour artisan un ancien responsable du service d’ordre du Front national, à l’époque de Jean-Marie Le Pen, et il a reçu le soutien de la fille de ce dernier, Marine, principale adversaire d’Emmanuel Macron à la prochaine présidentielle », rappelle le quotidien britannique.

Ces militaires renégats proches de l’extrême droite reçoivent un soutien des citoyens d’une ampleur importante sur les réseaux sociaux, et c’est surtout cet aspect de l’histoire qui inquiète le correspondant Michael Peel. 

« L’affaire Conings révèle dans certaines régions d’Europe une infiltration des idées d’extrême droite d’une ampleur jusque-là insoupçonnée. Sur les réseaux sociaux, le caporal belge a reçu un important soutien », ajoute le journaliste pour qui cette « popularité grandissante de partis européens extrémistes hostiles à l’immigration est aux antipodes de la rhétorique d’ouverture des institutions communautaires à Bruxelles », affirme le journaliste.