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La Thaïlande et le Cambodge signent un cessez-le-feu après trois semaines.

La Thaïlande et le Cambodge ont conclu ce samedi un cessez-le-feu immédiat dans leur conflit frontalier, qui a fait en trois semaines au moins 47 morts et près d’un million de déplacés. La trêve est entrée en vigueur ce samedi à midi (6 heures du matin en France) et les deux parties conviennent de permettre aux civils résidant dans les zones frontalières affectées de rentrer chez eux dans les plus brefs délais.


Une trêve a été instaurée deux jours après Noël. La Thaïlande et le Cambodge ont conclu ce samedi un cessez-le-feu immédiat dans leur conflit frontalier, qui a causé en trois semaines au moins 47 décès et près d’un million de déplacés. Contraints de vivre sous des tentes ou dans l’étroitesse des centres d’hébergement d’urgence depuis la reprise des combats, le 7 décembre, les centaines de milliers de personnes évacuées de part et d’autre de la frontière disputée pourront peut-être célébrer le Nouvel An chez elles.

Une déclaration conjointe annonce l’entrée en vigueur de la trêve ce samedi à midi (6 heures du matin en France) et précise que « les deux parties conviennent de permettre aux civils résidant dans les zones frontalières affectées de rentrer chez eux dans les plus brefs délais ». Signé par les ministres de la Défense des deux pays, le texte évoque également le gel des positions militaires, le déminage des régions frontalières, ainsi qu’une coopération policière pour lutter contre la cybercriminalité et la libération par Bangkok de 18 soldats cambodgiens après soixante-douze heures de cessez-le-feu effectif.

La trêve a été largement saluée. « Ce cessez-le-feu constitue une porte vers une solution pacifique », a déclaré le ministre thaïlandais de la Défense, Natthaphon Narkphanit, affirmant ressentir la « colère », la « douleur » et les « inquiétudes » de sa population. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé l’espoir que cette relance du cessez-le-feu ouvrirait « la voie au renforcement de la confiance et à la paix ». « Les communautés et les migrants touchés doivent recevoir toute l’aide nécessaire pour rentrer chez eux en sécurité », a souligné son bureau sur X.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a « salué » ce cessez-le-feu, le qualifiant de « pas positif vers l’allègement des souffrances des civils, la fin des hostilités en cours et la création d’un environnement propice à l’instauration d’une paix durable », a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric. De son côté, l’Union européenne a salué l’accord et a appelé « les deux parties à l’appliquer de bonne foi ».

Ce conflit entre les deux royaumes d’Asie du Sud-Est est ancien et se concentre sur le tracé de leur frontière de 800 kilomètres, déterminé pendant la période coloniale française. Ils s’accusent mutuellement d’avoir provoqué cette nouvelle escalade meurtrière, marquée par le déploiement d’avions de chasse, de drones, de chars et d’artillerie.

Un premier épisode d’affrontements en juillet avait déjà causé 43 morts en cinq jours avant qu’une trêve ne soit trouvée grâce, entre autres, à l’intervention de Donald Trump. Un accord de cessez-le-feu avait été signé un peu plus tard, le 26 octobre à Kuala Lumpur, en présence du président américain, mais il avait été suspendu quelques semaines plus tard par la Thaïlande après que plusieurs de ses soldats aient été blessés par l’explosion d’une mine à la frontière.

Donald Trump, qui aspire au prix Nobel de la paix, a de nouveau tenté de jouer les médiateurs. Il a annoncé une trêve le 12 décembre après avoir discuté au téléphone avec les chefs des deux belligérants, mais le gouvernement thaïlandais a démenti et les hostilités ont continué. La question de la démarcation de la frontière et de la souveraineté sur plusieurs temples anciens, dont celui de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, reste ouverte et soulève des questions sur la pérennité du cessez-le-feu.