La première rencontre entre Biden et le Premier ministre israélien reportée à vendredi

« La réunion bilatérale du président (…) a été reportée à demain », a communiqué brièvement l’exécutif américain quelques heures après l’annonce de plusieurs explosions meurtrières en Afghanistan.

Le leader israélien Naftali Bennett a exprimé ses condoléances aux Etats-Unis.

« Au nom du peuple d’Israël, j’exprime notre profonde tristesse face aux vies américaines perdues à Kaboul », a-t-il déclaré dans un communiqué.

La première rencontre en face-à-face entre les deux dirigeants, dont l’horaire n’a pas encore été communiqué, doit être l’occasion pour eux de se jauger après la prise de fonctions de M. Bennett en juin.

Le Premier ministre de 49 ans a été porté au pouvoir pour remplacer Benjamin Netanyahu, par une coalition idéologiquement divisée, et dans laquelle son parti à la réputation belliciste ne tient qu’une poignée de sièges.

« Une erreur »

Il a déjà affirmé que l’Iran serait le principal sujet de sa visite. Les Etats-Unis tentent actuellement de revenir sur la décision de l’ancien président Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 qui avait levé les sanctions sur l’Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire.

Depuis cette décision, l’Iran est revenu sur certains engagements-clés, y compris sur l’enrichissement d’uranium.

« Le Premier ministre pense que revenir au sein de l’accord sur le nucléaire iranien (…) est une erreur », a affirmé un haut responsable israélien à la presse, jugeant que l’accord n’avait pas freiné les « agressions régionales » de l’Iran.

Naftali Bennett a déclaré qu’il présenterait un « plan méthodique » à Joe Biden à ce sujet.

Lors de sa visite dans la capitale américaine, M. Bennett a déjà rencontré mercredi le secrétaire d’Etat Antony Blinken et le ministre de la Défense Lloyd Austin.

L’engagement des Etats-Unis envers la sécurité d’Israël reste « inébranlable », a dit M. Blinken au Premier ministre israélien.

Des conseillers de M. Bennett ont par ailleurs affirmé que le Premier ministre n’avait pas l’intention d’évoquer la reprise des discussions sur la mise en place d’un Etat palestinien sur les territoires occupés par Israël depuis 1967.

La question des « deux Etats n’est pas pertinente, (elle est) non-existante », a déclaré un haut responsable à la presse.

Le gouvernement de Joe Biden soutient une solution à deux Etats et a remis en place les aides aux Palestiniens s’élevant à plusieurs centaines de millions de dollars, dont la plupart avaient été supprimées par son prédécesseur Donald Trump.

Le soutien de M. Biden au Premier ministre contraste avec les critiques croissantes adressées à Israël par des démocrates progressistes au Congrès, comme Alexandria Ocasio-Cortez.

Mais le président a résisté aux demandes d’un certain nombre d’élus démocrates pour des restrictions plus fortes sur les aides à Israël, se concentrant sur d’autres questions comme la pandémie et l’Afghanistan.