La nomination de Guerassimov à la tête de l’armée russe fait craindre une escalade de la guerre en Ukraine : “Il possède la mallette nucléaire”

Selon Sergueï Jirnov, un ancien officier de renseignement du KGB invité par BFMTV jeudi, cette nomination est “aussi capitale que le 24 février 2022” et le début de l’invasion russe de l’Ukraine elle-même, car elle montre un “changement de stratégie” et une “prise de conscience de la gravité de la situation”.

D’après Serguï Jirnov, la nomination du général Valéri Guerassimov, le militaire le plus haut gradé de Russie, comme commandant en chef est considérée comme un “un changement capital du caractère de la guerre” de la part de Vladimir Poutine.

Valéri Guerassimov : une nomination surprise à la tête des troupes russes en Ukraine qui témoigne de la fébrilité du Kremlin

Jusqu‘à maintenant, c’était une opération spéciale pour les Russes, ça veut dire qu’on prenait un petit contingent, on mettait quelques généraux à la tête de ce contingent, et on essayait de bricoler une petite guerre, explique l’ancien officier du KGB. Mais Guerassimov fait changer complètement d’échelle au conflit. C’est le militaire numéro un du pays, qui donne les ordres à tous les autres militaires. Au-dessus de lui, il n’y a que le ministre de la Défense, qui est un politicien, même s’il porte l’uniforme, et Poutine.

Alexandre Melnik, également invité par BFMTV, confirme cette tendance : “On s’éloigne du champ lexical de l’opération militaire lointaine, qui ne concerne pas l’ensemble du pays et on glisse vers une vraie guerre qui impacte la société russe dans son ensemble. C’est la dernière cartouche de Poutine, donner cet élan patriotique, engager la nation entière, c’est la solution de sortie pour Poutine”.

Guerre en Ukraine : “L’ennemi a jeté presque toutes ses forces en direction de Donetsk”

Menace nucléaire ?

Sergueï Jirnov explique également que la présence de Valéri Guerassimov implique un renforcement de la menace nucléaire : “Guerassimov c’est celui qui parmi les trois personnages de l’État russe possède la mallette nucléaire, les codes nucléaires, ça veut dire qu’il n’a plus besoin de passer par qui que ce soit.

Le nouveau commandant en chef n’inclurait cependant pas l’usage des armes nucléaires dans ses méthodes dans le cadre de cette guerre.