La Cour européenne des droits de l’homme demande à Moscou de « suspendre » la décision de dissoudre Mémorial

Saisie en vertu d’une procédure d’urgence par Mémorial, la CEDH, qui siège à Strasbourg, a appelé le gouvernement russe à suspendre cette décision le temps « nécessaire pour que la Cour examine la demande » de l’ONG.

« La Cour a décidé d’indiquer au gouvernement de la Russie (…) que dans l’intérêt des parties et du bon déroulement de la procédure engagée devant elle, l’exécution des décisions de dissoudre les organisations requérantes devrait être suspendue », indique la CEDH dans un texte transmis à l’AFP et initialement diffusé sur Twitter par l’ONG.

Le Centre des droits humains et sa structure-mère, Mémorial, ont saisi la CEDH en vertu de l’article 39 de son règlement. Celui-ci permet à la Cour d’ordonner des « mesures provisoires » aux 47 États membres du Conseil de l’Europe, dont la Russie, lorsque les requérants sont exposés à « un risque réel de dommages irréparables ».

La justice russe a ordonné mercredi la dissolution du Centre des droits humains, au lendemain de l’interdiction de l’ONG Mémorial, des décisions qui ont suscité l’indignation à l’étranger.

Marija Pejcinovic Buric, la secrétaire générale du Conseil de l’Europe, dont la CEDH est le bras judiciaire a évoqué ainsi une « nouvelle dévastatrice pour la société civile », s’inquiétant de voir la Russie « s’éloigner davantage de nos normes et valeurs européennes communes ».

Les dissolutions prononcées par la justice russe s’inscrivent dans un contexte de répression tous azimuts des voix critiques du Kremlin.

Fondée en 1989 par des dissidents soviétiques voulant sauvegarder la mémoire des victimes des crimes staliniens, l’ONG Mémorial s’est imposée ensuite comme un pilier de la société civile, s’attirant les foudres du Kremlin pour son engagement dans la défense des libertés publiques.