La coopération au développement belgo-congolaise sur la voie de la relance

« Nous en sommes aux préparatifs de notre nouveau programme avec le Congo », a-t-elle affirmé à l’agence Belga à l’issue d’une rencontre avec le ministre congolais des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala Pen’Apala.

Ce nouveau programme devrait, selon Mme Kitir, être prêt vers la fin de l’an prochain, en concertation avec les autorités congolaises.

La RDC est traditionnellement, comme unique ex-colonie belge, le principal partenaire de la Coopération belge. Elle bénéficie, 61 ans après son indépendance, de 17% des montants alloués dans le cadre de l’aide publique au développement (APD) géographiquement attribuable. La Belgique est le quatrième donateur bilatéral, après les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. En 2020, le montant total de l’APD belge allant à la RDC s’élevait à 94,03 millions d’euros, contre 90,93 millions en 2019 et 109,20 millions en 2018, selon le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération au développement.

Mais cette coopération a été sévèrement affectée par la crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa engendrée par le report des élections générales de 2016 et qui se sont finalement tenues – tout en ayant produit des résultats contestés – deux ans plus tard, le 30 décembre 2018, amenant au pouvoir l’actuel président Antoine-Félix Tshisekedi Tshilombo.

À l’époque, le gouvernement belge avait décidé une révision de sa coopération, notamment son aide financière au gouvernement congolais, en réorientant 25 millions d’euros « au profit de l’aide humanitaire et d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population ».

Cette crise a pris fin depuis l’investiture de M. Tshisekedi, qui a vécu longtemps en Belgique, au point d’en faire « son deuxième Congo ».

« Tout a repris, comme l’ont voulu le président de la République lors de son passage là-bas (en Belgique, en septembre 2019, ndlr) et le gouvernement belge. Nous devons continuer à aller de l’avant » dans la « consolidation » des relations bilatérales, a affirmé M. Lutundula à l’issue d’une rencontre jeudi soir avec Mme Kitir et le secrétaire d’État belge à la Politique scientifique, Thomas Dermine.

« En tout cas (on est reparti) sur de bonnes bases, il n’y a pas de raison qu’il n’y en ait pas », a ajouté le chef de la diplomatie congolaise, qui a effectué deux séjours récents à Bruxelles, pour rencontrer en octobre son homologue belge, Sophie Wilmès, et la semaine dernière Mme Kitir.

« Il faut relancer la coopération avec nos partenaires traditionnels », a-t-il dit en rappelant les accords passés entre la RDC et la Belgique en septembre 2019.

M. Lutundula a salué la décision prise l’été dernier par le gouvernement belge, à l’initiative de M. Dermine, de lancer un vaste chantier d’étude sur la provenance des biens – spoliés ou non – issus de la colonisation du Congo ex-belge. Ce cadre a été fixé, avec une belle unanimité des sept partis formant la coalition Vivaldi, pour préparer la restitution de ces biens, qui pourrait concerner des milliers d’objets dans les prochaines années.

« Il y a (de la part de la RDC) une grande ambition (…) de reconstituer ce patrimoine, de le conserver » dans l’optique d’un « renforcement de notre coopération », a ajouté M. Lutundula.

Le président Tshisekedi a, selon lui, assuré que « oui, des œuvres finiront par revenir ». « Mais il faut une infrastructure d’accueil, une gestion saine pour que ce qui revienne ne soit pas détruit. Ce qu’il faut, c’est que cela se fasse de manière efficace, de manière optimale », a admis le ministre congolais en parlant de « sérénité, sans beaucoup de précipitation ».

Il a rappelé que la demande de restitution de biens se trouvant en Belgique n’était pas neuve de la part des autorités congolaises. « Cela ne date pas d’aujourd’hui. Rappelez-vous à l’époque du retour à l’authenticité (un mouvement initié en octobre 1971 par le dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko avec une série de mesures pour se détacher de tout ce qui peut rappeler l’Occident et sa domination, ndlr) et au moment de l’indépendance en 1960 », quand cette question avait fait partie d’un contentieux plus vaste – il était aussi économique et financier – entre le Congo et son ancien colonisateur, a-t-il dit.