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La cheffe de l’opposition biélorusse quitte la Lituanie pour la Pologne.

Svetlana Tikhanovskaïa va quitter la Lituanie pour s’établir en Pologne après que les autorités lituaniennes ont décidé, en octobre 2025, de diminuer les moyens engagés pour sa protection. Leonid Volkov, le bras droit d’Alexeï Navalny, fait l’objet d’une enquête ouverte début janvier en Lituanie, pouvant aboutir à l’annulation de son permis de séjour.


Un « déménagement » pour des raisons de sécurité. La leader de l’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, va quitter la Lituanie, où elle s’était exilée après avoir fui la répression dans son pays en 2020, pour s’installer en Pologne, selon plusieurs de ses collaborateurs.

Ce départ fait suite à la décision des autorités lituaniennes, en octobre 2025, de réduire les moyens consacrés à la protection de l’opposante. Cette mesure suscite des inquiétudes au sein de son entourage et soulève des interrogations sur la volonté de Vilnius de continuer à l’accueillir. Svetlana Tikhanovskaïa a rencontré le président polonais Karol Nawrocki cette semaine à Varsovie.

Des menaces du gouvernement biélorusse. D’après plusieurs proches interrogés par l’AFP, Svetlana Tikhanovskaïa et son équipe ont pris la décision de déménager prochainement à Varsovie, par précaution face aux menaces du gouvernement biélorusse d’exercer des représailles à leur encontre. Son assistant Denis Koutchinski a précisé aux journalistes que Sergueï Tikhanovski, le mari de l’opposante, libéré de prison en Biélorussie l’année dernière, se trouve actuellement aux États-Unis avec leurs enfants pour des raisons de sécurité.

Elle s’était présentée à la présidentielle de 2020 en Biélorussie, dont l’issue, la réélection d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, avait entraîné des manifestations massives réprimées par les autorités. Cette répression a poussé des dizaines de milliers de Biélorusses à fuir leur pays, principalement vers la Pologne.

Le bras droit de Navalny sous le coup d’une enquête. La Lituanie, où s’est également exilée une partie de l’opposition russe, a ouvert début janvier une enquête sur Leonid Volkov, le bras droit d’Alexeï Navalny, considéré comme l’ennemi numéro un de Vladimir Poutine, mort en prison dans des circonstances troubles en février 2024. Cette enquête pourrait mener à l’annulation du permis de séjour de Leonid Volkov, réfugié en Lituanie et condamné par contumace en Russie à dix-huit ans de prison pour avoir dénoncé l’invasion de l’Ukraine.

Vilnius lui reproche de s’être réjoui, dans un message privé présumé, de l’annonce, fin décembre 2025, de la mort de Denis Kapoustine, un néonazi russe qui dirigeait une unité combattant au sein de l’armée ukrainienne. Kiev a finalement annoncé début janvier que cette annonce était fausse et que la « mort » de Denis Kapoustine avait été mise en scène par les services de renseignement ukrainiens.