La Bosnie visée par des centaines de fausses alertes à la bombe

Plusieurs centaines de patients et de personnels du centre hospitalier universitaire de Banja Luka, chef-lieu de l’entité serbe du pays divisé selon des lignes de fracture ethniques, ont été évacués après que l’établissement a reçu un email l’avertissant de la présence d’une bombe, a déclaré à la presse le directeur de l’hôpital Vlado Djajic.

Après avoir contrôlé les lieux, la police a dit dans un communiqué avoir établi qu’il s’agissait d’une fausse alerte.

« C’est une attaque ignoble », a réagi M. Djajic, en précisant que l’auteur du message menaçait de « faire exploser les mécréants », en ajoutant, selon lui, « Allah est grand ».

Plusieurs tribunaux de Sarajevo et la Commission électorale nationale qui siège dans la capitale bosnienne ont dû être évacués jeudi pour les mêmes raisons, selon la police.

La veille, plus de 400 écoles de la Republika Srpska (RS), l’entité serbe de Bosnie, ont été victimes de fausses alertes à la bombe envoyées par email. Le message identique menaçait de « faire exploser l’école » pour faire « des milliers d’enfants serbes morts ».

La Bosnie est divisée depuis la guerre intercommunautaire des années 1990 entre la RS et une fédération croato-musulmane.

Les autorités ont déclaré ignorer pour l’heure les auteurs et les motivations de ces attaques qualifiées par la justice de « terrorisme ».

Selon le quotidien Oslobodjenje, les emails adressés aux écoles de la RS sont partis d’une adresse hébergée par Yandex, géant de l’internet russophone, surnommé le « Google russe ».

La même messagerie avait été utilisée lors d’une première série d’alertes le 25 mai contre une centaine d’écoles de la région de Sarajevo, ainsi que des institutions publiques et le gouvernement cantonal.

Lors d’une récente rencontre avec le président en exercice bosnien, Sefik Dzaferovic, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a insisté sur nécessité d’un « renforcement de la coopération » entre l’Alliance et la Bosnie en matière de sécurité en ligne.

La Serbie voisine a également été victime ces dernières semaines de fausses alertes qui ont perturbé en particulier le fonctionnement des écoles.

La Bosnie et la Serbie ont rejoint les rangs des pays qui ont dénoncé à l’ONU l’invasion russe de l’Ukraine mais ne sont pas alignés sur les sanctions occidentales contre la Russie.