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Kim Jong-un prêt à « bien s’entendre » avec les États-Unis si la Corée du Nord est reconnue puissance nucléaire

Kim Jong-un a conditionné un possible rapprochement avec Washington à la reconnaissance officielle du statut nucléaire de la Corée du Nord, selon les médias d’Etat. Il a annoncé que Pyongyang cesserait « à jamais » de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes, rejetant les initiatives de dialogue engagées depuis juin par le président sud-coréen Lee Jae Myung.


Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a conditionné, mercredi, un éventuel rapprochement avec Washington à la reconnaissance officielle du statut nucléaire de son pays, d’après les médias d’État. Cette déclaration a été faite à l’issue du 9e congrès du Parti des travailleurs de Corée du Nord, qui s’est terminé mercredi par une parade militaire, a rapporté l’agence officielle KCNA.

Kim Jong-un a indiqué que les relations pouvaient évoluer si les États-Unis changeaient de position. « Si Washington respecte le statut actuel (de puissance nucléaire) de notre pays tel qu’il est stipulé dans la Constitution […] et abandonne sa politique hostile […] il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les États-Unis », a-t-il affirmé, selon KCNA. La Corée du Nord a inscrit son statut nucléaire dans sa Constitution et répète régulièrement qu’elle ne renoncera pas à son arsenal.

Cette déclaration survient dans un contexte de relations déjà ambivalentes entre Washington et Pyongyang. Lors d’une tournée en Asie l’an dernier, Donald Trump s’était déclaré « ouvert à 100 % » à une rencontre avec Kim Jong-un, admettant que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire ». Cependant, Pyongyang n’avait pas réagi à cette proposition et maintient sa position de principe en matière de dissuasion nucléaire.

Ce ton représente un changement par rapport au précédent congrès du parti, en 2021, lorsque Kim Jong-un avait qualifié les États-Unis de « plus grand ennemi » de la Corée du Nord. Parallèlement, la capacité nucléaire du pays continue de se renforcer. La présidence sud-coréenne estimait en janvier que Pyongyang produisait chaque année suffisamment de matière fissile pour assembler jusqu’à 20 armes atomiques.

En revanche, Kim Jong-un a adopté une position beaucoup plus ferme à l’égard de la Corée du Sud. Il a déclaré que Pyongyang cesserait « à jamais » de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes, rejetant les initiatives de dialogue entreprises depuis juin par le président sud-coréen Lee Jae Myung, qu’il a qualifiées de « trompeuses ».

Le dirigeant nord-coréen a soutenu que la Corée du Nord « n’a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes », selon KCNA. Cette position confirme une rupture officielle entre les deux États, malgré les récents appels de Séoul à reprendre des discussions bilatérales.