Justin Trudeau annonce le recours à la loi sur les mesures d’urgence pour mettre fin aux blocages « illégaux » des manifestants au Canada

« Le gouvernement fédéral invoque la loi sur les mesures d’urgence pour compléter les pouvoirs provinciaux et territoriaux et faire face aux blocages et aux occupations », a-t-il déclaré, précisant que l’armée ne serait pas déployée et que les nouvelles mesures seraient « limitées dans le temps et géographiquement ».

« La loi sur les mesures d’urgence n’est pas quelque chose qu’on prend à la légère », a-t-il déclaré mais « ces blocages illégaux font mal aux Canadiens et doivent cesser », a-t-il martelé.

Plusieurs des 13 Premiers ministres provinciaux et territoriaux se sont dits réfractaires à l’utilisation de cette loi, mais Justin Trudeau a expliqué que les mesures introduites » seront « ciblées uniquement là où elles sont nécessaires ».

Avec l’utilisation de cette loi, le gouvernement canadien émet une ordonnance autorisant les institutions financières canadiennes à cesser temporairement de fournir des services financiers lorsque les institutions soupçonnent qu’un compte est utilisé pour favoriser les blocages et les occupations illégales.

Les banques et autres fournisseurs de services financiers pourront immédiatement geler ou suspendre un compte sans ordre de la cour.

La vice-première ministre du Canada et ministre des Finances Chrystia Freeland avait un message clair pour les camionneurs qui paralysaient toujours le centre-ville de la capitale Ottawa: « Si votre camion est utilisé, votre compte sera gelé et vos assurances seront suspendues », a-t-elle déclaré, ajoutant que le gouvernement voulait « suivre l’argent ».

Il s’agit de la deuxième fois en temps de paix que le Canada utilise les pouvoirs conférés par cette loi. Le père de Justin Trudeau, l’ancien Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, l’avait utilisée – alors qu’elle s’intitulait la loi sur les mesures de guerre – lors de la crise impliquant des séparatistes québécois, en octobre 1970.