Joe Biden embourbé dans la gestion du Covid-19

Les données publiées mercredi montrant un nouveau record d’infections – 265.427 cas quotidiens sur une moyenne de sept jours – soulignent l’incapacité du gouvernement à contrôler ce virus, dont le variant Omicron est devenu dominant dans le pays.

La bonne nouvelle est qu’Omicron, quoique plus contagieux, semble provoquer des symptômes moins sévères que son prédécesseur Delta, avec seulement 11% d’augmentation des hospitalisations.

Ces données sont « encourageantes » mais il faut éviter la « complaisance » car le système hospitalier pourrait malgré tout être mis sous tension, a mis en garde mercredi Anthony Fauci, conseiller de la Maison Blanche sur la crise sanitaire.

La rapidité de la propagation du variant Omicron a déjà semé un certain chaos et fait des dégâts politiques pour l’administration Biden et le parti démocrate.

Le boom des contaminations a cloué des milliers d’avions au sol en pleine saison des fêtes, perturbé la restauration et les grands championnats sportifs, ou annulé des spectacles.

A son investiture en janvier 2021, Joe Biden avait promis de juguler l’épidémie après des mois de gestion erratique par son prédécesseur. Après avoir lancé avec succès une campagne de vaccination massive, il avait même été jusqu’à assurer le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, que le pays était « proche de déclarer son indépendance face au virus ».

Mais, plombé par l’apparition du variant Delta cet été, puis d’Omicron cet hiver, le démocrate est critiqué de toutes parts et son taux de popularité s’est effondré, à 43% seulement.

Degré de tolérance

Le New York Post, l’un des plus virulents détracteurs de la Maison Blanche, ne rejette pas la faute du Covid-19 sur le président, mais fustige sa stratégie pour endiguer l’épidémie.

« L’équipe Biden, avec son battage médiatique, son incompétence, son hypocrisie et ses mensonges flagrants, n’inspire pas la confiance », affirmait mardi le quotidien dans son éditorial.

« Vous vous rappelez que la campagne des démocrates était fondée sur le fait qu’ils viendraient rapidement et facilement à bout du virus chinois? Toute leur campagne était un mensonge », a renchéri mercredi dans un communiqué l’ex-président Donald Trump, qui avait pourtant minimisé la pandémie pendant son mandat.

Beaucoup de critiques visent notamment le manque de kits d’auto-tests rapides alors que les centres de dépistage sont pris d’assaut en cette fin d’année.

« Nous avons encore du travail à faire », a admis lundi Joe Biden, citant l’augmentation du nombre de sites de dépistage et la distribution gratuite de 500 millions de kits à partir de janvier.

Mercredi, le gouvernement a aussi autorisé la mise sur le marché de deux nouveaux auto-tests et signé un contrat de 137 millions de dollars pour l’approvisionnement en matériaux nécessaires à la production de tests rapides.

Howard Forman, professeur de santé publique à l’université de Yale, estime que le dépistage régulier des populations à risque est « essentiel » pour soigner la maladie avant l’apparition de complications graves.

« Pour chaque catégorie à haut risque, je ferais des tests le plus tôt possible », dit-il à l’AFP.

Mais la meilleure défense contre le virus reste la vaccination, avec un taux de mortalité 14 fois plus important pour les non-vaccinés, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

Là aussi, Joe Biden fait face au refus obstiné d’une partie de la population de se faire immuniser, souvent dans les Etats à majorité républicaine. Malgré une intense campagne de vaccination et la facilité d’accès aux injections, seulement 62% des Américains sont entièrement vaccinés et 33% ont reçu une dose de rappel.

Cette semaine, les CDC ont réduit de moitié la durée de la quarantaine pour les cas positifs asymptomatiques, à cinq jours, afin de limiter les absences, un geste qui ne fait pourtant pas l’unanimité dans le monde du travail.

Cette décision illustre la difficulté pour le gouvernement de contenter tout le monde, en même temps.

Et Rochelle Walensky, la directrice des CDC, a reconnu mercredi que les autorités de santé s’étaient appuyées sur des bases scientifiques, mais aussi sur des facteurs humains et politiques pour prendre leur décision.

« Cela avait vraiment beaucoup à voir avec ce que nous pensons être le degré de tolérance des gens », a-t-elle dit sur CNN.