International

JO 2026 : Sergio Mattarella, président italien, donne le coup d’envoi.

L’Italie ouvre ce vendredi les Jeux olympiques d’hiver, qui débuteront à 20 heures lors d’une cérémonie d’ouverture organisée au stade de San Siro et dans les villages de Cortina d’Ampezzo, Predazzo et Livigno. Sergio Mattarella a été réélu président à l’âge de 80 ans en février 2022, recueillant la majorité absolue de 505 suffrages sur 1.009 votants.


C’est le grand jour : l’Italie ouvre ce vendredi pour la troisième fois les Jeux olympiques d’hiver. L’événement débute officiellement à 20 heures lors d’une cérémonie d’ouverture qui se déroule simultanément au stade milanais de San Siro et dans les villages alpins de Cortina d’Ampezzo, Predazzo et Livigno, hôtes des compétitions de neige dans le nord de l’Italie.

La cérémonie sera présidée par la présidente du Comité Olympique International, Kirsty Coventry, et le président de la République italienne, Sergio Mattarella. Moins connu que la cheffe du gouvernement, Giorgia Meloni, ce Sicilien de 84 ans, député pendant vingt-cinq ans, cinq fois ministre et juge constitutionnel depuis 2011, a été élu président en février 2015. Réservé, héritier de la démocratie chrétienne (DC), et homme de principe, il a souvent été en désaccord avec Silvio Berlusconi.

Fils d’un dirigeant historique de la DC, Sergio Mattarella a grandi entre un prestigieux lycée catholique de Rome et des camps de jeunesse catholique à Assise. Il se destinait à une carrière de professeur de droit, mais en janvier 1980, son frère aîné Piersanti, président de la région Sicile, est assassiné par la mafia dans ses bras. C’est avec la chemise imbibée du sang de son frère qu’il entre dans la vie publique en recevant les condoléances de tout Palerme. Trois ans plus tard, il devient député sous l’étiquette de la DC.

En 1990, Sergio Mattarella a démissionné de son poste de ministre de l’Éducation de Giulio Andreotti pour protester contre une loi qui confirmait à Silvio Berlusconi, alors pas encore impliqué en politique, son quasi-monopole sur les chaînes de télévision privées en Italie. Redevenu simple député, il a été chargé de rédiger une nouvelle loi électorale visant à assurer une meilleure stabilité politique à l’Italie.

La loi « Mattarellum », combinant scrutin majoritaire et proportionnel, n’a pas vraiment donné satisfaction puisqu’elle a été remplacée au bout de dix ans par une nouvelle législation. Face à la ligne pro-Berlusconi du Parti populaire, héritier de la vieille DC, il a rejoint le centre-gauche, qui l’a rappelé au gouvernement en 1998.

Certains Italiens connaissent un peu cet homme aux yeux bleus et aux cheveux blancs, surtout parce que c’est sous sa direction au ministère de la Défense que le service militaire obligatoire a été aboli en 2001. Après ce dernier passage au gouvernement et 25 ans passés au Parlement, il s’est retiré de la vie politique en 2008. Cette même année, père de trois enfants et grand-père de six petits-enfants, il perd son épouse. Trois ans plus tard, il est élu juge à la Cour constitutionnelle.

Après un premier mandat de sept ans particulièrement mouvementé à la présidence de la République, marqué par des crises politiques et la pandémie de coronavirus, Sergio Mattarella a été réélu à l’âge de 80 ans en février 2022. Il a obtenu la majorité absolue de 505 voix sur 1.009 sénateurs, députés et responsables régionaux appelés à voter. On lui reconnaît une gestion diplomatique d’une situation politique difficile, rôle apprécié par tous les partis italiens.

À la différence de la France, le poste de président est en Italie fortement protocolaire. Toutefois, il a un rôle crucial en cas de crise politique, dans un pays où le paysage politique est très morcelé. C’est lui qui détient le pouvoir de dissoudre le Parlement, de nommer le Premier ministre et il peut refuser le mandat de gouverner à des coalitions qu’il juge trop fragiles.