« Je suis navrée que ce jour sombre soit advenu »: les New-Yorkais fustigent un arrêt « scandaleux » de la Cour suprême sur les armes à feu

Il est « scandaleux, absolument scandaleux qu’ils aient supprimé nos droits de jouir de restrictions sensées » sur les armes à feu, a déclaré à des journalistes la cheffe de l’exécutif de l’Etat de New York, Kathy Hochul.

« Je suis navrée que ce jour sombre soit advenu », a ajouté la gouverneure démocrate.

De son côté, le maire de New York Eric Adams, mégapole de neuf millions d’âmes, mosaïque culturelle aux profondes inégalités économiques, a dit redouter que l’arrêt de la Cour suprême ne vienne alimenter « une vague de violences par arme à feu ».

« Far West »

« Nous allons coopérer pour juguler les risques créés par cette décision une fois mise en oeuvre car nous ne pouvons pas laisser New York se transformer en Far West », a déclaré l’édile démocrate, un ancien policier qui a fait de la lutte contre la violence par arme à feu la colonne vertébrale de son mandat.

« Nous pouvons avoir des limites à la liberté d’expression (…) mais il n’y en a aucune au Second amendement » de la Constitution, a encore fustigé Mme Hochul en allusion à la disposition qui protège aux Etats-Unis depuis plus de 200 ans le droit de posséder une arme à feu.

La gouverneure d’un Etat de 20 millions d’habitants s’en est prise ensuite sur Twitter aux six juges conservateurs de la Cour suprême à Washington en les accusant d’avoir agi de manière « imprudente ». Elle a promis de « protéger les New-Yorkais de la violence par armes à feu ».

Sa collègue à la tête de la justice de l’Etat de New York, la très active procureure générale Letitia James, a qualifié l’arrêt de la Cour suprême d' »incroyablement décevant » et s’est engagée à « défendre la constitutionnalité des lois de l’Etat ».

La législation new-yorkaise n’autorise la vente et le port d’armes à feu hors de chez soi qu’en cas de preuves que l’utilisateur entend s’en servir uniquement pour se protéger et se défendre.

Plusieurs habitants de Manhattan, interrogés par l’AFP mais qui refusent de donner leurs patronymes, ont critiqué la décision de la Cour suprême. A l’image de Mohammed, un artiste koweïtien de 38 ans, dont 20 années à New York, qui trouve l’arrêt « affreux » et dit sa crainte pour « ses enfants à l’école ».

Christy, 32 ans, vigile afro-américain, n’est lui non plus « pas d’accord » car il pense que « la criminalité va augmenter dans le quartier » de bureaux du centre de Manhattan, notamment en raison de « gens instables psychologiquement ».

Seul Sam, un homme blanc de 75 ans, trouve que « c’est une bonne idée, l’auto-défense, car quand quelqu’un sait que vous portez une arme, il se comporte prudemment ».