« Je disais il y a 20 ans qu’il fallait expulser les Arabes, je ne le pense plus »: Qui est Itamar Ben Gvir, le ministre israélien de la Sécurité ?

Le nouveau ministre de la Sécurité intérieure du nouveau gouvernement Netanyahou le martèle : « Je ne vais pas m’excuser » pour (mes) déclarations passées. De même, il ambitionne toujours de « transférer » une partie de la population arabe d’Israël, jugée déloyale, vers les pays voisins ou encore d’annexer la Cisjordanie occupée. Sans détailler le sort qu’il réserverait aux 2,9 millions de Palestiniens y habitant. Père de six enfants, avocat de formation, Itamar Ben Gvir réside d’ailleurs à Kiryat Arba, une des colonies les plus radicales de Cisjordanie. Il exhibe une partie de sa vie privée sur les réseaux sociaux pour expliquer comment il enseigne à ses fils à « se conduire avec les terroristes ».

Militant de longue date de différentes mouvances de l’extrême droite, il remporte un siège de député en avril 2021. Et se fait un nom en multipliant les sorties spectaculaires. Sur l’esplanade des Mosquées, il clame « Vive le peuple d’Israël ! » Dans le quartier palestinien de Cheikh Jarrah, secoué par des évictions musclées, il installe son bureau parlementaire en soutien aux colons. Plus tard, il y apparaît avec une arme au poing, sans s’en servir. Convaincu de la nécessité de « sauver Israël » du péril arabe, sa vision pour un pays idéal n’en reste pas moins extrêmement conservatrice.

Dans le quotidien Haaretz, une militante LGBT se rappelle d’Itamar Ben Gvir en tant qu’avocat au tournant des années 2010 : il l’avait rencontrée pour se faire remettre une notice d’appel à la Cour suprême visant à interdire une Gay Pride. Il s’était rendu au rendez-vous vêtu de gants « afin de ne pas être contaminé » par les militants.

Désormais à la tête de la police, on peut donc s’attendre à une politique dure, faite d’opérations « coups de poing », qui pourrait, selon l’opposition, attiser les tensions en Cisjordanie, autour de la mosquée Al-Aqsa, ou même au sein de la société israélienne. Mais ce sont les rivalités politiques qui sont aussi à craindre : Itamar Ben Gvir dissimule à peine son désir de devenir Premier ministre.

Benyamin Netanyahou a beau prendre la tête du gouvernement le plus droitier de l’histoire de l’État hébreu, la coalition est d’ores et déjà morcelée, laissant à Itamar Ben Gvir la possibilité de déborder le chef de la droite par l’extrême droite.