« J’ai peur de prendre le train »: au Japon, la période des examens entraîne une augmentation des agressions sexuelles

Selon la RTBF, les « chikan » profitent de la cohue dans les transports en commun bondés en période d’examens pour se frotter à leurs victimes, majoritairement des femmes, et les toucher sans leur conssentement. Toutefois, ces agressions ont lieu toute l’année et représentent un véritable fléau.

Les agresseurs peuvent être partout

Sur le dark web, mais aussi sur les réseaux sociaux classiques, les « chikan » s’échangent des « bons plans ». Ils repèrent l’heure des principaux examens et les lignes qui seront les plus fréquentées. « La chasse aux jeunes filles est ouverte », s’est même réjoui un agresseur sur Twitter. « Le profil des harceleurs est celui de tout le monde », expliquait le travailleur social Akiyoshi Saito. « Des hommes qui ont fait des études, qui sont mariés, 30-40 ans, des cols blancs… »

En plus des attouchements, certains agresseurs tentent de filmer sous les jupes des jeunes filles.

Un fléau difficile à endiguer

« Depuis, j’ai peur de prendre le train », ont déclaré les victimes qui ont osé prendre la parole. Mais, dans la plupart des cas, elles ne portent pas plainte. Il est donc très difficile de quantifier ce phénomène.

Pour lutter contre ces agressions, le gouvernement a lancé des grands plans de sensibilisation au moyen d’affiches. Certaines de ces affiches invitent toutefois les femmes « à faire attention », plutôt que de cibler les agresseurs eux-mêmes. Certains wagons sont également réservés aux femmes, et certains halls de gare sont équipés de caméras, mais il n’est pas possible de tout surveiller… Il y a quelques années, la police a également lancé une application qui permet à une femme d’alerter les autres femmes qu’un « frotteur » se trouve dans leur rame. En 2019, une entreprise avait créé des tampons spéciaux qui « marquaient » les agresseurs afin qu’ils soient reconnus.

Toutefois, malgré les amendes élevées (6.000 euros) et des peines de prison de plusieurs mois, les autorités ont bien du mal à endiguer le phénomène.

« Les frotteurs sévissent dans n’importe quelle ville du monde où l’affluence est forte dans les transports en commun », conclut Akiyoshi Saito. « Mais les mentalités sexistes restent profondément ancrées au Japon et cette idée que les hommes sont supérieurs aux femmes peut contribuer au maintien de telles pratiques. »