Italie: Salvini exclut une alliance avec Berlusconi, les 5 Etoiles posent des conditions à un nouveau gouvernement

Europe

Le ministre italien de l’Intérieur sortant Matteo Salvini a exclu vendredi que la Ligue dont il est le dirigeant forme une future coalition avec le parti de centre droit de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi Forza Italia.

« Je dis aux amis de Forza Italia qui disent ‘nous ne devons pas nous allier à la Ligue’ (…) nous n’avons besoin de rien ni de personne », a-t-il déclaré au cours d’un rassemblement à Conselve, près de Padoue, dans son fief du nord de l’Italie.

Le 8 août, M. Salvini a fait éclater la coalition formée par la Ligue et le mouvement Cinq Etoiles, au moment où les sondages prédisaient que la Ligue, Forza Italia et le parti d’extrême droite Frères d’Italie pouvaient ensemble obtenir suffisamment de voix pour former une majorité gouvernementale.

La Ligue était alors créditée de 38% des intentions de vote, Forza Italia, de 7%, et les Frères d’Italie également de 7%.

Le dirigeant souverainiste a réclamé des élections immédiates, mais il a été court-circuité par une alliance surprise entre le mouvement Cinq Etoiles (M5S) et le Parti démocrate (centre gauche). Jeudi, le Premier ministre sortant Giuseppe Conte a accepté de former un gouvernement reposant sur une majorité inédite entre les sociaux-démocrates et le M5S.

M. Salvini a déclaré pendant le rassemblement que les pourparlers qui se déroulent pour former un gouvernement de coalition étaient « un spectacle sordide » et appelé le président Sergio Mattarella à convoquer des élections.

Les 5 Etoiles posent des conditions à la naissance du nouveau gouvernement

Le chef du Mouvement 5 Etoiles (antisystème) Luigi Di Maio a conditionné vendredi la naissance d’un gouvernement en Italie à la réalisation du programme du M5S, sous peine de rompre l’accord conclu mercredi avec le Parti démocrate (centre-gauche).

« Nos points de programme sont clairs, s’ils n’entrent pas dans le programme de gouvernement, nous ne pourrons pas démarrer. Et mieux vaudra alors retourner aux urnes, le plus tôt possible », a déclaré vendredi M. Di Maio.

« Soit nous sommes d’accord pour le réaliser, soit on ne peut pas aller plus loin », a-t-il encore menacé, après avoir rencontré le chef du gouvernement désigné Giuseppe Conte.

M. Di Maio a notamment rejeté une modification des « décrets sécurité », promulgués par le ministre de l’Intérieur sortant et son ex-allié le chef des souverainistes Matteo Salvini.

« Le problème de l’immigration est sérieux, concret et il doit être affronté avec compétence dans le respect des sensibilités exprimées par l’opinion publique », a-t-il dit, conscient qu’une bonne partie du M5S approuve le durcissement sécuritaire promu par M. Salvini, pendant les 14 mois d’alliance M5S-Ligue.

Un haut dirigeant du PD, Graziano Delrio, a qualifié d' »inacceptables les ultimatums de Di Maio à Conte », rappelant que les sociaux-démocrates « se sont engagés à soutenir loyalement les efforts de M. Conte » pour constituer un gouvernement.