Italie : Accès à la fontaine de Trevi payant depuis lundi.
Depuis lundi, les touristes paient deux euros pour visiter la fontaine de Trevi à Rome, tandis que les habitants sont dispensés de ce coût. La mairie de Rome estime que ce système pourrait rapporter au moins six millions d’euros par an.

Pour lutter contre le surtourisme qui touche la capitale italienne, les touristes ont commencé depuis lundi à payer l’entrée pour visiter la fontaine de Trevi, l’un des monuments les plus emblématiques de Rome.
En plein soleil, les visiteurs ont pris des photos devant ce chef-d’œuvre baroque, après avoir acquitté les deux euros requis – les habitants en sont exonérés – pour accéder à la zone à proximité du bassin, désormais plus dégagée.
« Préserver la fontaine pour les générations futures »
« Dites-moi que ça ne vaut pas deux euros ! Ça vaut des milliers, voire des millions, c’est magnifique ! », a déclaré Agata Harezlak, une touriste polonaise de 41 ans. La fontaine de Trevi, rendue célèbre par la scène du film « La Dolce Vita » de Federico Fellini, où l’actrice Anita Ekberg s’y baigne, reste l’une des attractions favorites des visiteurs dans la Ville éternelle.
Cependant, ces dernières années, la multitude de touristes était si importante qu’il devenait difficile d’admirer la fontaine. Phillip Willis, un Britannique vêtu d’un short et d’un tee-shirt malgré le froid, a exprimé sa satisfaction d’avoir pu « prendre un selfie correct sans être bousculé par une foule de gens ». Il considère juste de faire payer l’accès afin de « préserver la fontaine pour les générations futures, espérons-le ».
La majeure partie de la place demeure accessible au public, seul l’accès pour descendre les marches et se situer à côté de la fontaine étant payant. De nombreuses personnes ont choisi de prendre des photos depuis la place pour éviter de payer. Les détenteurs de billets peuvent visiter le site entre 9h et 22h, sauf le lundi et le vendredi, où l’ouverture est prévue à 11h30.
Une recette de six millions par an pour la mairie ?
La mairie estime que ce nouveau système pourrait générer au moins six millions d’euros par an, a annoncé Alessandro Onorato, conseiller municipal chargé du tourisme à Rome.
Les recettes permettront en partie de rémunérer les 25 agents en gilet bleu chargés d’accueillir les visiteurs. Les fonds collectés permettront également aux habitants d’accéder gratuitement à une série de musées de la capitale italienne, a-t-il ajouté.
Confrontée à un surtourisme devenu difficile à gérer dans ses sites les plus emblématiques, Rome emboîte le pas à d’autres villes italiennes comme Venise, qui a instauré en 2024 un billet d’entrée de 5 euros lors des weekends les plus fréquentés, afin de réguler les flux et protéger son patrimoine. Rome avait déjà franchi une première étape en 2023 en rendant payant l’accès au Panthéon, l’un de ses monuments les plus populaires.

