Irlande du Nord: le député Jeffrey Donaldson nouveau chef du principal parti unioniste: « Je veux apporter de la stabilité »

« Je veux apporter de la stabilité », a annoncé dans un communiqué M. Donaldson, considéré comme un modéré par rapport à son prédécesseur Edwin Poots, resté seulement trois semaines à la tête du parti ultraconservateur qui nomme le Premier ministre de la province britannique.

En pleines turbulences dans la province, il a aussitôt appelé le gouvernement britannique et l’Union européenne à « intensifier leurs efforts » et « reconnaître les défauts » du protocole nord-irlandais négocié dans le cadre du Brexit, honni des unionistes car il a instauré depuis le 1er janvier un statut douanier particulier pour la province britannique.

Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a cependant pas appelé à se débarrasser purement et simplement de ces dispositions, qui prévoient de nouvelles restrictions sur les approvisionnements en viande le 1er juillet, donnant lieu à une « guerre de la saucisse » entre Londres et Bruxelles.

« Le gouvernement et ceux qui prétendent protéger la paix et la stabilité doivent agir et traiter le Protocole d’une manière qui respecte l’intégrité constitutionnelle et économique du Royaume-Uni », a souligné M. Donaldson, qui entend s’entretenir avec le Premier ministre Boris Johnson « dès que possible ».

M. Donaldson, 58 ans, avait précédemment indiqué que s’il était choisi pour diriger ce parti unioniste et ultra-conservateur, il renoncerait à son poste de député à Westminster et deviendrait chef du gouvernement d’Irlande du Nord.

Edwin Poots, un fondamentaliste protestant et un partisan d’une ligne unioniste dure, avait annoncé sa démission la semaine dernière, après trois semaines seulement à son poste.

M. Poots avait été victime d’une fronde interne, comme celle qui avait visé sa prédécesseure Arlene Foster, accusée d’avoir permis la mise en place de contrôles douaniers pour les approvisionnements de marchandises venant de Grande-Bretagne, de l’autre côté de la mer d’Irlande. Autrement dit: une frontière au sein du Royaume-Uni.

Le contexte est tendu dans la province britannique de 1,9 million d’habitants. Les unionistes sont furieux du protocole nord-irlandais négocié dans le cadre du Brexit, qui remet en cause, selon eux, la place de la province au sein du Royaume-Uni et la fluidité des échanges.

Visant à éviter le retour d’une frontière physique avec la République d’Irlande, cet accord maintient l’Irlande du Nord dans le marché unique et l’union douanière européens pour les marchandises.

La colère contre ce texte a contribué à déclencher des violentes émeutes en Irlande du Nord début avril, qui pourraient ressurgir lors des marches traditionnellement organisées en juillet par les unionistes orangistes.