Iran : Trump ne menace pas Téhéran avant les discussions sur un accord
Les Etats-Unis et l’Iran reprennent, ce mardi, à Genève une nouvelle série de discussions sur le programme nucléaire iranien, sous médiation d’Oman. Téhéran se dit néanmoins prêt à un compromis concernant son stock d’uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kilogrammes, à condition que les sanctions américaines soient levées.
Les États-Unis et l’Iran commencent, ce mardi, à Genève une nouvelle série de discussions sur le programme nucléaire iranien, médiées par Oman. Ces pourparlers font suite à une reprise du dialogue le 6 février à Mascate, dans un contexte de tensions persistantes et de menaces militaires entre les deux pays.
Téhéran affirme détecter une évolution dans la position américaine. « Nous pouvons prudemment conclure que la position américaine sur la question nucléaire iranienne est devenue plus réaliste », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, le lundi 17 février, selon l’agence Irna. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, arrivé lundi en Suisse, a présenté « le point de vue et les considérations de la République islamique sur la question nucléaire et la levée des sanctions », tout en soulignant la « détermination » de son pays à poursuivre une « diplomatie axée sur les résultats ».
Washington, de son côté, maintient la pression. Donald Trump a mis en garde Téhéran lundi : « Je participerai à ces discussions, indirectement […] Ils veulent conclure un accord […] Je ne pense pas qu’ils veuillent assumer les conséquences de ne pas conclure un accord. » Le secrétaire d’État Marco Rubio a précisé que l’émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner « sont en route », ajoutant : « Nous verrons ce qu’il en est. Nous espérons qu’il y aura un accord. »
Simultanément aux discussions, les deux camps affichent leur puissance militaire. Les Gardiens de la Révolution ont mené lundi des exercices dans le détroit d’Ormuz, mobilisant bateaux, hélicoptères, drones et missiles pour se préparer « aux menaces sécuritaires et militaires potentielles », selon la télévision d’État. Les États-Unis, de leur côté, maintiennent un porte-avions à environ 700 kilomètres des côtes iraniennes et préparent le déploiement d’un second.
Les désaccords demeurent significatifs concernant le périmètre des négociations. L’Iran souhaite limiter les discussions à son programme nucléaire, tandis que Washington exige également des restrictions sur les missiles balistiques et le soutien à des groupes armés régionaux. Abbas Araghchi a déclaré être à Genève « avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable », tout en avertissant que « ce qui n’est pas sur la table : la soumission face aux menaces ».
Téhéran se dit néanmoins prêt à un compromis concernant son stock d’uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kilogrammes, à condition que les sanctions américaines soient levées. Ces nouvelles discussions à Genève, mardi, doivent évaluer la possibilité d’un accord et éviter une nouvelle escalade entre les deux pays.

