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Iran : Six morts dans des affrontements liés aux manifestations contre la vie chère

Le mouvement de protestation contre la dégradation des conditions de vie en Iran a fait au moins six victimes depuis le début de cette mobilisation. Les autorités ont rapporté que l’inflation atteint 52 % sur un an et que le pays est lourdement affecté par les sanctions internationales.


Le mouvement de protestation contre la dégradation des conditions de vie en Iran a connu une intensification de la violence, avec au moins trois morts supplémentaires dans l’ouest du pays, selon l’agence de presse Fars. Ce bilan porte à au moins six le nombre total de victimes depuis le début de cette mobilisation spontanée, déclenchée par l’hyperinflation et la chute du pouvoir d’achat.

Les derniers heurts se sont déroulés à Azna, dans la province du Lorestan. Selon Fars, « vers 18h aujourd’hui, un groupe d’émeutiers a profité d’un rassemblement de protestation pour attaquer un commissariat de police ». L’agence a précisé que « trois personnes ont été tuées et 17 autres blessées lors d’affrontements », une formulation qui semble concerner des civils.

### Nombreux heurts dans le pays

Ces incidents viennent s’ajouter aux violences rapportées précédemment dans la journée et au cours des jours précédents. Fars avait déjà mentionné deux civils tués lors de heurts à Lordegan, dans le sud-ouest, où « des manifestants ont commencé à jeter des pierres sur des bâtiments administratifs, dont le gouvernorat, la mosquée, la mairie et des banques », entraînant l’intervention des forces de l’ordre avec des gaz lacrymogènes.

Dans l’ouest du pays, à Kouhdasht, les autorités locales ont également annoncé la mort d’un membre des forces de sécurité. Âgé de 21 ans et faisant partie du Bassidj, il « défendait l’ordre public », a rapporté la télévision d’État, tout en évoquant des « jets de pierres » et déclarant que 13 policiers avaient été blessés durant les affrontements.

### Contre l’inflation et la vie chère

Le mouvement a débuté dimanche à Téhéran, lorsque des commerçants ont fermé leurs boutiques pour protester contre la flambée des prix, la dépréciation rapide du rial et la crise économique. Parti de la capitale, il s’est propagé aux universités puis à plusieurs régions, touchant notamment des villes de taille moyenne, sans toutefois atteindre, à ce jour, l’ampleur du soulèvement de 2022 qui avait suivi la mort de Mahsa Amini.

Face à l’aggravation des tensions, le président Massoud Pezeshkian a appelé son gouvernement à répondre à l’urgence sociale. « D’un point de vue islamique […], si nous ne résolvons pas le problème des moyens de subsistance des gens, nous finirons en enfer », a-t-il déclaré à la télévision. Parallèlement, la justice a averti que « toute tentative » de transformer la contestation « en un outil d’insécurité ou de destruction des biens publics » sera confrontée à une réponse « ferme », alors que l’inflation atteint 52 % sur un an et que le pays subit de plein fouet les sanctions internationales.