Iran : « Qui sème le vent… », fresque d’avertissement avant l’« armada » américaine
L’Iran a mis en garde lundi contre une intervention américaine après le récent mouvement de contestation réprimé dans le sang, tandis que les États-Unis renforcent leur présence dans la région avec l’arrivée prévue du porte-avions Abraham Lincoln. Mercredi, les autorités iraniennes ont donné leur premier bilan total, de 3.117 morts, dont la grande majorité (2.427) sont selon elles des « martyrs » – forces de sécurité ou passants, et non des « émeutiers » comme sont qualifiés les manifestants.
Les menaces se multiplient des deux côtés. L’Iran a averti lundi d’une intervention américaine suite aux récentes manifestations réprimées brutalement, alors que les États-Unis augmentent leur présence dans la région avec l’arrivée imminente du porte-avions *Abraham Lincoln*. La semaine dernière, Donald Trump avait déclaré qu’une « armada » navale américaine se dirigeait vers le Golfe, maintenant ainsi la pression sur Téhéran qu’il a menacé à plusieurs reprises de frapper.
« L’arrivée d’un tel navire de guerre ne va pas affecter la détermination de l’Iran […] à défendre la Nation », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, en référence au porte-avions. « La République islamique d’Iran a confiance en ses propres capacités », a-t-il ajouté.
En juin 2025, l’Iran et Israël ont engagé une guerre de 12 jours, déclenchée par une attaque inédite d’Israël sur des installations militaires et nucléaires en Iran, ainsi que sur des zones peuplées. Les États-Unis avaient pris part à l’offensive de leur allié israélien en frappant trois sites nucléaires.
À Téhéran, les autorités iraniennes ont dressé sur une place centrale un immense panneau anti-américain, illustrant une représentation d’un porte-avions en train d’être détruit. Le slogan, traduit en anglais, déclare : « Qui sème le vent récolte la tempête ».
Dans le même temps, alors que le pays reste privé d’internet, le décompte des victimes continue par intermittence, avec un bilan atteint de près de 6.000 morts selon une organisation de défense des droits humains, qui enquête sur des milliers d’autres décès possibles. Le guide suprême, Ali Khamenei, s’est exprimé pour la dernière fois en public le 17 janvier, avertissant que les autorités « briseraient le dos des séditieux ».
Mercredi, les autorités iraniennes ont publié leur premier bilan total, faisant état de 3.117 morts, dont la majorité (2.427) est qualifiée de « martyrs » – forces de sécurité ou passants, sans inclure les « émeutiers » qualifiés de manifestants. En revanche, la chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, affirme que plus de 36.500 personnes ont été tuées, citant des documents classifiés et des sources de renseignement.
Le ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a annoncé lundi qu’il proposerait jeudi à ses homologues de l’UE d’inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste européenne des organisations terroristes.
Des sanctions existent depuis 2021 concernant la République islamique, en réponse aux violations des droits de l’homme en Iran. Environ 230 personnes, dont plusieurs ministres, ainsi qu’une quarantaine d’entités, ont été sanctionnées par l’UE pour violations des droits humains.
Ces sanctions ont été élargies en raison des activités nucléaires de l’Iran et du soutien de Téhéran à la guerre d’invasion russe en Ukraine, lancée en 2022.

