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Iran : Le régime affirme que le militant Erfan Soltani ne sera pas exécuté

Erfan Soltani, le manifestant de 26 ans, ne sera pas condamné à mort après sa récente arrestation, a annoncé le pouvoir judiciaire iranien. Selon un bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, et l’organisation fait état de plus de 10.000 arrestations.


Erfan Soltani ne sera pas exécuté. L’Iran a annoncé jeudi que le manifestant de 26 ans, dont le sort préoccupe Washington et les défenseurs des droits humains, ne sera pas condamné à mort après sa récente arrestation, tandis que Donald Trump déclare « observer » la situation dans le pays où il a menacé d’intervenir militairement.

Erfan Soltani est incarcéré à la prison de Karaj, près de Téhéran, et est accusé de rassemblements contre la sécurité nationale et de propagande contre le système, a déclaré le pouvoir judiciaire iranien, précisant que la loi ne prévoyait pas la peine capitale pour ces chefs d’accusation. « S’il est reconnu coupable, il sera condamné à une peine de prison », a ajouté le pouvoir judiciaire.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison » mercredi ou jeudi, lors d’une interview à la chaîne américaine Fox News. « Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel », a pour sa part déclaré mercredi le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi.

Les défenseurs des droits humains ont accusé ces derniers jours l’Iran de mener à huis clos une répression qui aurait causé des milliers de morts, dans un pays de près de 86 millions d’habitants. Le pays est privé depuis une semaine de communications par Internet et largement coupé du monde. Les manifestations, initialement liées au coût de la vie, avaient commencé le 28 décembre avant de s’étendre à travers le pays, visant ouvertement le pouvoir, dans un mouvement de contestation parmi les plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

Face aux informations sur la répression brutale menée par les autorités, notamment depuis la coupure d’Internet le 8 janvier, le président américain a répété ses menaces d’intervention militaire. Mercredi, Donald Trump a néanmoins affirmé avoir été informé « par des sources très importantes » que « les tueries ont pris fin » et que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement « pas lieu ». « On observera ça et on verra quelle est la suite », a-t-il ajouté concernant une éventuelle action militaire.

Les États-Unis, ainsi que des organisations de défense des droits de l’homme, s’inquiétaient particulièrement du sort d’Erfan Soltani, qu’ils craignaient de voir exécuté, dans un pays où la peine capitale est largement appliquée par pendaison. L’Iran a démenti jeudi que le manifestant arrêté samedi ait été condamné à mort et puisse être exécuté.

Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement. « Ce chiffre est un minimum absolu », avertit l’organisation, qui fait également état de plus de 10.000 arrestations.

Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant mercredi à Téhéran une « marche de résistance nationale » et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres « martyrs » tués.

Des banderoles proclamant « Mort à l’Amérique » et des photos du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergaient de la foule, ainsi qu’une photo montrant Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d’une tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024, avec la légende : « Cette fois il ne manquera pas sa cible ».