Iran : Le Kremlin appelle à la « retenue », la Pologne évacue ses ressortissants, menaces des Etats-Unis
La Russie a appelé jeudi toutes les parties à la « retenue » face à une « escalade des tensions sans précédent » autour de l’Iran et à l’intensification du déploiement militaire américain dans le Golfe. Le Premier ministre polonais a appelé ce jeudi ses concitoyens à quitter l’Iran « immédiatement », face à la possibilité de frappes américaines dans ce pays.
Une déclaration plutôt inhabituelle du Kremlin. La Russie a invité jeudi toutes les parties à faire preuve de « retenue » face à une « escalade des tensions sans précédent » autour de l’Iran et à l’intensification du déploiement militaire américain dans le Golfe. « Nous appelons nos amis iraniens et toutes les parties de la région à la retenue, la prudence et à privilégier les moyens politico-diplomatiques pour résoudre les problèmes », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il a déploré « une escalade des tensions sans précédent dans la région ».
« Mais nous espérons que les méthodes politico-diplomatiques et les négociations vont continuer de prévaloir dans la recherche d’un règlement », a précisé Dmitri Peskov. L’Iran est un partenaire diplomatique, économique et militaire clé de la Russie au Moyen-Orient.
Appel de la Pologne à l’évacuation du pays
De son côté, le Premier ministre polonais a exhorté jeudi ses compatriotes à quitter l’Iran « immédiatement », en raison de la possibilité de frappes américaines dans le pays. « Je demande à toutes celles et ceux qui se trouvent encore en Iran de partir immédiatement, de ne vous rendre en aucun cas dans ce pays », a déclaré Donald Tusk à la presse, estimant que la possibilité d’un conflit ouvert est « très réelle ».
« Dans quelques heures, dans une douzaine ou dans quelques dizaines d’heures, personne ne saura garantir des possibilités d’évacuation », a averti le chef du gouvernement polonais.
Avertissement des États-Unis
Les États-Unis ont mis en garde mercredi Téhéran qu’il serait « bien avisé » de conclure un accord, affirmant avoir « de nombreuses raisons » de frapper l’Iran après des pourparlers sur le nucléaire iranien. Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, a quant à lui affirmé jeudi qu’aucun pays ne pouvait priver Téhéran de son droit à l’enrichissement nucléaire.
Téhéran et Washington ont tenu mardi à Genève un deuxième cycle de pourparlers, sous la médiation du sultanat d’Oman. Ils ont convenu de poursuivre leurs discussions, tout en indiquant qu’ils étaient loin d’avoir rapproché leurs positions. Ils avaient repris leurs entretiens le 6 février à Oman, les premiers depuis la guerre de juin déclenchée par une attaque israélienne contre l’Iran, soutenue par les États-Unis, qui ont bombardé des installations nucléaires iraniennes.
Le dossier Iran
Les États-Unis exigent que l’Iran mette fin à l’enrichissement et affirment qu’un accord doit également porter sur le programme balistique iranien et le soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël. Téhéran soutient qu’il ne souhaite discuter que de son programme nucléaire. Ces derniers jours, les États-Unis ont déployé au Moyen-Orient une force navale et aérienne imposante, un déploiement militaire massif qui pourrait préparer le terrain à une campagne de frappes contre l’Iran.

