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Iran : La rapporteuse de l’ONU craint « des dizaines de milliers » de morts

La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, Mai Sato, estime qu’il pourrait y avoir des dizaines de milliers de victimes lors de la répression par le régime au début du mois de janvier. Selon elle, le bilan officiel des autorités, qui s’élève à environ 3.000 morts, est beaucoup plus faible que la réalité des victimations.


Dans un entretien accordé au Monde, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits de l’homme en Iran considère que la coupure d’Internet dans le pays a masqué « l’ampleur réelle des tueries » survenues lors de la répression par le régime au début du mois de janvier. Cette interruption « peut aussi être utilisée pour exagérer le nombre de morts parmi les forces de sécurité. »

Le 25 janvier à Bruxelles, la diaspora iranienne demandait la fin des massacres en Iran.
Le 25 janvier à Bruxelles, la diaspora iranienne demandait la fin des massacres en Iran. - N. Maeterlinck/BELGA/SIPA

« Il pourrait y avoir des dizaines de milliers de victimes », déclare Mai Sato. Des images de la morgue de Kahrizak, à Téhéran, bondées de corps de manifestants, ont circulé sur les réseaux sociaux avant que le gouvernement ne coupe l’accès à Internet.

Bien plus de victimes que les 3.000 morts officiels

Cette évaluation est bien plus élevée que le bilan officiel annoncé par les autorités, qui est d’environ 3.000 morts (incluant les forces de sécurité). « Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées. Il y a des signalements de négligence médicale, de torture dans les centres de détention et d’agressions sexuelles », précise-t-elle.

Mai Sato occupe ce poste depuis août 2024. Elle observe que le nombre d’exécutions dans le pays ne cesse d’augmenter au fil des ans. « Le peuple iranien a fait preuve d’un courage extraordinaire et a dit ses vérités au pouvoir, dit-elle dans cet entretien. Il réclame des changements économiques et politiques, ce qui est son droit. Il est donc temps pour les autorités iraniennes d’y répondre, et non par la violence. »