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Iran : La mort de Khamenei, nouvel allié perdu pour Poutine

Vladimir Poutine a officiellement exprimé ses condoléances après l’assassinat du guide suprême iranien, « un homme d’État hors pair qui a apporté une contribution personnelle immense au développement des relations d’amitié entre la Russie et l’Iran ». En 2025, la Russie et l’Iran ont signé un traité de partenariat stratégique visant à renforcer leurs liens, y compris dans le domaine militaire.

La situation se complique pour Vladimir Poutine. En effet, Bachar al-Assad, Nicolas Maduro, Ali Khamenei…, en un an et demi, le président russe a perdu plusieurs de ses alliés étrangers importants, tandis que Moscou, embourbé dans sa guerre en Ukraine, semble impuissant à réagir.

Bien qu’il ait condamné un acte de « violation cynique » de « la morale et du droit international », ni Vladimir Poutine ni les autorités russes n’ont annoncé d’appui concret à Téhéran face aux frappes américaines et israéliennes en cours. Ce dimanche, le dirigeant russe s’est contenté d’envoyer une lettre exprimant ses condoléances après l’assassinat du guide suprême iranien, le qualifiant « d’homme d’État hors pair qui a apporté une contribution personnelle immense au développement des relations d’amitié entre la Russie et l’Iran ».

Des pertes difficiles pour le Kremlin

Il semble loin le moment où, il y a quelques mois encore, Vladimir Poutine affirmait ne même pas vouloir « discuter » de l’éventualité d’un assassinat de Khamenei, lors d’une conférence de presse en réponse à une question de l’AFP. Samedi, c’est le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a pris l’initiative d’appeler son homologue russe, Sergueï Lavrov, alors que les bombardements avaient commencé, selon Moscou.

Pour l’expert russe Alexandre Baounov, du centre Carnegie, la mort de Khamenei place le président russe dans une « situation difficile ». Depuis la réélection de Donald Trump, Poutine a effectivement cherché à ménager le milliardaire américain pour obtenir des faveurs de Washington dans les négociations visant à mettre fin à la guerre déclenchée par l’invasion russe en Ukraine en 2022. De son côté, Kiev s’est réjoui de l’assassinat du dirigeant iranien. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a affirmé que sa mort montre que la Russie n’est pas un « partenaire fiable même pour ceux qui comptent beaucoup sur elle » et qu’elle perd de l’influence à cause de sa « guerre insensée contre l’Ukraine ».

Autre « disparition » survenue début janvier, celle de Nicolas Maduro, avec l’enlèvement spectaculaire par les États-Unis de l’ex-dirigeant vénézuélien, marquant ainsi la perte d’un autre partenaire de Moscou. Là encore, le Kremlin est resté sans réaction. « Deux fois en deux mois, Vladimir Poutine a échoué à accomplir son rôle de sauveur », souligne Alexandre Baounov sur son compte Telegram. Et sur le cas de Khamenei, il ajoute que « le tueur est son ami Trump ».

Des liens si solides entre Moscou et Téhéran ?

Auparavant, Vladimir Poutine avait tout de même pu permettre à l’ex-dirigeant ukrainien Viktor Ianoukovitch de trouver refuge en Russie en février 2014. Il avait également offert l’asile à Bachar al-Assad et sa famille après son renversement en Syrie en décembre 2024. Cependant, la mort de Khamenei est survenue dans une région que la Russie considère comme faisant partie de son « hémisphère », selon Alexandre Baounov. Celui-ci compare cet assassinat à celui du Libyen et allié du Kremlin, Mouammar Kadhafi, en 2011, qui aurait marqué, selon lui, « un tournant dans la politique russe » et fourni une des justifications à Vladimir Poutine pour « rompre avec l’Occident ».

Téhéran est resté l’un des alliés les plus proches de la Russie tout au long de l’offensive lancée par Moscou en 2022 contre l’Ukraine. Kiev et les pays occidentaux accusent même Téhéran d’avoir fourni à la Russie des armes et des technologies militaires, tels que les drones Shahed, de conception iranienne, que Moscou produit désormais en grande quantité et utilise quotidiennement pour bombarder l’Ukraine. En 2025, la Russie et l’Iran ont de plus signé un traité de partenariat stratégique pour renforcer leurs liens, y compris dans le domaine militaire.

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En plus de la perte d’un allié de poids avec la mort d’Ali Khamenei, les conséquences du conflit en cours en Iran pour Moscou sont encore difficiles à cerner. Le député russe Anatoli Vasserman, interrogé par le média russe MK.ru, a cependant déclaré que la guerre pourrait temporairement profiter à la Russie si elle entraîne une forte hausse des prix du pétrole, mais qu’elle pourrait engendrer de « gros problèmes » à long terme pour les États-Unis et Israël si les autorités iraniennes « résistent ».