Irak: le président en faveur de législatives anticipées pour « sortir de la crise »

Le président irakien Barham Saleh a estimé mardi que la tenue d’élections législatives anticipées permettrait de sortir de la crise son pays, secoué ces dernières 24 heures par des combats meurtriers entre factions rivales. « La tenue de nouvelles élections anticipées en accord avec un consensus national représente une sortie de cette crise accablante », a déclaré M. Saleh dans un discours télévisé, quelques heures après que les armes se sont tues dans la Zone Verte de Bagdad, théâtre d’affrontements qui ont fait 30 morts.

De violentes manifestations ont eu lieu lundi à Bagdad, après que le leader chiite Moqtada Sadr a annoncé son retrait de la vie politique. Trente de ses partisans ont été tués par balles lors des combats qui les ont opposés à des factions pro-Iran et l’armée à Bagdad, selon un nouveau bilan donné par une source médicale mardi, après que les armes se sont tues. En outre, 570 sympathisants du clerc chiite ont été blessés lors de ces combats.

Les partisans du leader chiite Moqtada Sadr se sont retirés mardi de la Zone Verte à Bagdad après que leur chef a fustigé leur recours aux armes contre les forces de sécurité, des combats qui ont fait 30 morts en 24 heures. L’armée a aussitôt annoncé la levée du couvre-feu décrété la veille dans l’ensemble du pays riche en pétrole mais accablé par une grave crise socio-économique doublée d’une impasse politique depuis législatives d’octobre 2021.

« Si tous les membres du Courant sadriste ne se retirent pas dans les 60 minutes de partout (à Bagdad), même du sit-in (devant le Parlement), je les désavouerai », a lancé mardi Moqtada Sadr lors d’une conférence de presse dans son fief de Najaf (centre). « Je présente mes excuses au peuple irakien, seul affecté par les événements », a ajouté Moqtada Sadr.

Dénonçant des actes « entachés de violence », il a lancé: « Je critique le mouvement sadriste. Je remercie les forces de sécurité et les membres du Hachd al-Chaabi ».

Après son appel, ses partisans ont quitté la Zone Verte, a constaté l’AFP. Et les armes se sont tues. Les combattants ont laissé la place aux employés municipaux qui ont nettoyé les vestiges des affrontements, dont des douilles vides par dizaines.