Irak: la mission de l’ONU réclame « des solutions urgentes à la crise »

« Un dialogue significatif entre toutes les parties irakiennes est plus urgent que jamais, les récents événements ont démontré le risque rapide d’escalade dans un climat politique tendu », a averti la mission d’assistance de l’ONU pour l’Irak (UNAMI) dans un communiqué.

« Nous appelons tous les acteurs (…) à se mettre d’accord sur des solutions sans délai », a ajouté UNAMI.

La crise politique est montée d’un cran samedi avec l’occupation du Parlement par les partisans du leader chiite Moqtada Sadr, qui protestent contre la candidature d’un chef du gouvernement proposée par des factions rivales pro-Iran.

Mercredi, des centaines de manifestants sadristes occupaient toujours au cinquième jour consécutif le Parlement, a constaté une journaliste de l’AFP.

Mardi, le courant sadriste a appelé ses partisans à se retirer de l’hémicycle et d’une autre grande salle du Parlement, les invitant à camper principalement aux abords du bâtiment et dans les jardins. Il leur a donné 72 heures, jusqu’à vendredi.

Pour tenter de trouver une sortie de crise, le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, qui expédie les affaires courantes, a proposé un « dialogue national ».

Depuis les législatives d’octobre 2021 l’Irak est dans l’impasse. Des mois de tractations n’ont pas permis d’élire un nouveau président de la République ou un Premier ministre.

« L’Irak ne peut pas se permettre de tenir un dialogue national qui n’aboutira pas », a souligné UNAMI. « L’Irak est confronté à une longue liste de problèmes intérieurs: il a désespérément besoin de réforme économique, de services publics efficaces, et d’un budget fédéral », poursuit le communiqué.

En l’absence d’un nouveau gouvernement, l’Irak – qui tire 90% de ses recettes de ses exportations de pétrole – n’a toujours pas adopté son budget pour 2022.

Le gouvernement est actuellement limité aux dispositions du budget 2021 – établi sur un prix du baril bien plus bas qu’il ne l’est actuellement sur le marché – ce qui signifie des dépenses publiques bien plus restreintes qu’elles ne pourraient l’être.

Mercredi, le Premier ministre Kazimi s’est entretenu avec le président Barham Saleh, les deux hommes soulignant l’importance de « garantir la sécurité et la stabilité » du pays.