International

Incendie à Crans-Montana : L’avocat dénonce la « vindicte » contre le couple.

Jacques et Jessica Moretti, propriétaires du bar Le Constellation à Crans-Montana, se sentent responsables de la tragédie survenue la nuit du nouvel an, qui a fait 40 morts et 116 blessés. La commune de Crans-Montana a reconnu n’avoir effectué aucune inspection sécurité et incendie du bar depuis 2019.


C’est un nouveau mea culpa de Jacques et Jessica Moretti. Ces Français, propriétaires du bar de la station de ski suisse de Crans-Montana où a eu lieu une tragédie la nuit du Nouvel An, « se sentent responsables », ont indiqué leurs avocats Me Patrick Michod et Me Yaël Hayat à la chaîne de télévision genevoise Léman Bleu.

Ce drame, survenu dans le bar Le Constellation, a causé 40 morts, principalement des adolescents et jeunes adultes, ainsi que 116 blessés. Des étrangers figurent parmi les victimes, dont des Français et des Italiens.

Jacques Moretti est en détention provisoire. « Maintenant la grande question qui se pose dans cette affaire, c’est la question de la responsabilité pénale, qui n’est pas la même chose que le ressenti », a souligné Me Michod lors de cet entretien diffusé dimanche soir, précisant que l’enquête devra déterminer s’il « y a eu des manquements et à qui ils incombent ». La commune de Crans-Montana a notamment admis n’avoir effectué aucune inspection de sécurité et incendie du bar depuis 2019.

Le couple est soupçonné d’« homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ». Jacques Moretti a été placé en détention provisoire pour trois mois, mais il pourrait être libéré moyennant le versement d’une caution de 200.000 francs suisses (environ 215.000 euros). Un tribunal doit se prononcer à une date inconnue. Son épouse, Jessica Moretti, reste libre mais est sous contrainte.

Me Hayat a dénoncé la « vindicte » contre le couple et la « pression » sur le ministère public émanant d’« autorités étrangères ». « La semaine prochaine, il y a deux audiences convoquées mardi et mercredi, alors même qu’il y a quelques jours, le même ministère public nous informait qu’il n’y aurait plus d’audiences pendant un certain temps, le temps que la police puisse mener certaines enquêtes », a exprimé un autre avocat du couple, Me Nicola Meier, dans le même entretien. « Pourquoi soudainement deux audiences convoquées mardi et mercredi prochain ? On est attentif à ça parce que […] énormément de pression s’est exercée notamment autour de la mise en liberté de Jacques Moretti. »

Le drame a été causé par des étincelles de bougies « fontaine » qui ont touché une mousse acoustique au plafond du sous-sol de l’établissement, selon l’enquête. Des interrogations se posent sur les caractéristiques de cette mousse, mais aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs, ainsi que sur la conformité des voies de sortie. « L’issue de secours ne peut pas être condamnée. […] Vous ne pouvez pas fermer cette porte de l’intérieur. Elle doit être systématiquement ouverte et elle l’était », a affirmé Me Meier. L’enquête devra donc établir si cela était le cas lors de la nuit du drame.