Idlib : Erdogan juge peu probable que la Russie prenne part à une éventuelle confrontation entre forces turques et syriennes

Le président turc , Recep Tayyip Erdogan,  ne croit pas que la Russie participera à «un scénario aussi mauvais» que serait, selon Moscou, une opération turque contre l’armée syrienne à Idlib.

Le Président Erdogan a estimé qu’il était peu probable que la Russie prenne part à une éventuelle confrontation entre forces turques et syriennes dans la zone d’Idlib.

Auparavant, le Kremlin avait qualifié la tenue d’une opération militaire turque contre l’armée syrienne à Idlib de «pire scénario possible».
«Je ne crois pas que la Russie participera à des scénarios aussi mauvais», a déclaré le dirigeant turc.
Il convient de rappeler que Recep Tayyip Erdogan avait promis de ne pas laisser Idlib au «régime d’Assad» et à ses partisans.

La situation dans la province d’Idleb a récemment été rythmée par des épisodes de tensions entre Damas et Moscou d’une part, et Ankara de l’autre, dans le cadre de la reconquête par l’armée syrienne de la zone qui correspond à l’une des dernières enclaves djihadistes du nord-ouest du pays.

Le 8 février par exemple, alors que l’armée syrienne reprenait la ville clé de Saraqeb, située à la jonction de deux autoroutes stratégiques dans l’est de la province d’Idleb, la Turquie a menacé de représailles en cas d’attaque de ses avant-postes militaires dans la région.

La situation s’est aggravée quand la Turquie a annoncé le 10 février avoir «neutralisé» plus de 100 soldats syriens (une information non confirmée par Damas) en réponse à une attaque qui aurait fait cinq morts le même jour dans les rangs de l’armée turque dans la région. Deux jours plus tard, Recep Tayyip Erdogan menaçait, en cas de nouvelle attaque contre ses forces armées, de frapper les troupes syriennes partout en Syrie tout en adressant une critique à l’égard de la Russie, accusée de se rendre responsable de massacres.

Une nouvelle crispation a été provoquée par les propos d’un député turc, proche allié d’Erdogan, qui avait soutenu le 11 février que la Russie portait la responsabilité de la mort des soldats turcs à Idleb. «Nous considérons inacceptable d’utiliser les événements tragiques pour « marquer des points » dans le débat politique national», a rétorqué le ministère russe des Affaires étrangères deux jours plus tard.

Pas de progrès dans les négociations russo-turques

Les 17 et 18 février, les parties russe et turque ont mené un nouveau round des négociations sur la situation en Syrie à Moscou. Selon Ankara, les discussions n’ont pas pour l’heure apporté de résultat qui pourrait satisfaire la Turquie.
Dans le même temps, le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a tenu à souligner que son pays souhaitait éviter une détérioration des relations avec Moscou à cause d’Idlib.

L’armée syrienne accomplit une reconquête historique

Le 16 février, l’armée syrienne a, pour la première fois depuis huit ans, repris le contrôle de 28 poches contrôlées par des groupes terroristes (notamment Hayat Tahrir al-Cham, dont l’une des composantes est le Front al-Nosra, ancienne branche syrienne d’al-Qaïda) à l’ouest et au nord d’Alep, selon l’agence de presse publique syrienne SANA.

Toujours selon cette agence, les combattants djihadistes se sont retirés de leurs avant-postes vers la frontière turque, laissant la totalité de la périphérie d’Alep aux mains des forces de Bachar el-Assad, ce qui n’était pas arrivé depuis 2012.

Avec agences