Huit blessés après des explosions dans une usine classée Seveso à Bergerac

Tout est sous contrôle » désormais, selon le sous-préfet de Dordogne. Une détonation a retenti ce mercredi 3 août en début d’après-midi vers 14 heures dans une usine de Bergerac, une ancienne poudrerie classée Seveso seuil haut. Plusieurs explosions ont eu lieu, a indiqué la préfecture, et un incendie s’est déclaré sur le site.

Les rumeurs ont d’abord fait état de trois morts avant que le bilan ne soit corrigé et ramené par la mairie, à « huit blessés, dont une personne en urgence absolue et sept en urgence relative » évacués, notamment grâce à deux hélicoptères, dans les différents hôpitaux de la région. Les autorités municipales ont aussi annoncé l’activation du plan blanc « afin de faciliter la prise en charge des victimes » à l’intérieur même du bâtiment surnommé localement la Poudrerie de Begerac.

Produits explosifs

Selon le sous-préfet Jean-Charles Jobard, l’explosion a eu lieu dans un bâtiment qui contenait « moins de deux tonnes de nitrocellulose ». Une quarantaine de personnes étaient présentes sur place. « Il se peut, mais c’est de l’hypothèse, que les canicules actuelles aient échauffé les particules de nitrocellulose et facilité l’inflammation, ajoute le sous-préfet. Mais pour le moment, ce n’est qu’une hypothèse personnelle que je vous donne. Il faut attendre les conclusions de l’enquête. »

Concernant les émanations, « nous avons eu quelques fumées mais assez faibles » mais « comme nous avons très peu de vent, elles se sont déportées du côté de la rivière Dordogne, donc loin des habitations ». « Il n’y a aucun risque pour les habitations et pour la rivière », a rapidement assuré Jean-Charles Jobard.

L’entreprise Manuco emploie environ 80 personnes sur le site d’Eurenco et est spécialisée dans la fabrication de nitrocellulose, utilisée dans la composition des poudres et des explosifs. Le site de Bergerac, qui stocke et manipule des produits explosifs, fait partie des quatre sites industriels à risque dans le département : risque incendie et risque toxique. Un incendie s’était déjà déclaré sur le site en février 2020, un salarié avait été légèrement blessé, précise France Bleu Bergerac.

Le classement Seveso identifie les entreprises qui exercent une activité industrielle dangereuse permettant ainsi de mettre en place des mesures de protection adéquates. Ce classement possède deux seuils, le seuil bas et le seuil haut qui correspondent aux degrés de dangerosité industrielle de l’activité de l’entreprise. En France, on dénombrait 1 301 entreprises placées sous cette classification en décembre 2020, selon le ministère de la Transition écologique.

Un périmètre de sécurité a été établi autour du site et d’importants moyens déployés avec la présence de 61 sapeurs-pompiers et d’une trentaine d’engins, de 20 policiers et de deux hélicoptères du Samu.

« Solidarité avec les victimes »

En fin d’après-midi, il ne restait plus devant les grilles du site qu’un camion et deux voitures de pompiers. Des employés, non blessés et regroupés sur le parvis d’un bâtiment, avaient été pris en charge par la Croix-Rouge avant de quitter les lieux.

L’ensemble du boulevard qui mène au site, situé à moins 4 kilomètres du centre-ville de Bergerac, était bouclé par les forces de l’ordre et interdit à la circulation.

Aucune fumée n’était visible aux abords du site, entièrement vidé de ses salariés, dont les grilles étaient entièrement ouvertes pour permettre le passage des véhicules des secours.

L’entreprise Manuco a été rachetée en 2021 par Eurenco, leader européen dans le domaine des poudres et explosifs selon leur site internet.

À l’Assemblée nationale française, le gouvernement a fait part mercredi de sa « solidarité avec les victimes et leurs proches », par la voix du ministre délégué à l’Industrie Roland Lescure. (Avec AFP)