International

Guerre en Ukraine : Une région sans électricité, pas d’accord sans Kiev

Une partie de l’Ukraine a été privée d’électricité après une attaque russe impliquant 408 drones et 39 missiles, dont respectivement 382 et 24 ont été abattus, selon l’armée de l’air ukrainienne. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que « l’Ukraine ne soutiendra pas d’accords la concernant sans qu’elle soit impliquée ».

Vous avez manqué les derniers développements concernant la guerre en Ukraine ? 20 Minutes vous offre un résumé quotidien. Voici l’essentiel de ce samedi 7 février, au 1.444e jour du conflit.

Le fait du jour

Une partie du pays a été privée d’électricité après une attaque russe qui a impliqué 408 drones et 39 missiles. Selon l’armée de l’air ukrainienne, 382 drones et 24 missiles ont été abattus. L’Ukraine a été frappée samedi matin par une attaque significative ciblant son réseau énergétique, entraînant des coupures de courant dans de nombreuses régions, comme l’a annoncé la compagnie d’électricité ukrainienne. « La Russie conduit une nouvelle attaque massive contre les infrastructures du réseau électrique ukrainien. En raison des dommages causés par l’ennemi, des coupures d’urgence ont été mises en place dans la plupart des régions », a déclaré Ukrenergo, société de droit privé 100 % contrôlée par l’Etat ukrainien, sur Telegram. Parallèlement, l’armée polonaise a annoncé avoir déployé des avions pour protéger son espace aérien, comme cela se produit souvent lors de bombardements russes visant l’ouest de l’Ukraine.

La déclaration du jour

« L’Ukraine ne soutiendra pas d’accords la concernant sans qu’elle soit impliquée »

Ces mots ont été prononcés par le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’une déclaration aux journalistes ce samedi. Les États-Unis souhaitent mettre fin à la guerre, qui approche de son cinquième anniversaire, « d’ici le début de l’été, en juin », a précisé Volodymyr Zelensky. Il a également signalé que Washington avait invité les délégations russe et ukrainienne à de nouvelles pourparlers la semaine prochaine aux États-Unis. L’Ukraine a accepté cette rencontre, mais Volodymyr Zelensky a insisté sur le fait que l’Ukraine n’acceptera pas d’accords entre les États-Unis et la Russie sans sa participation, notamment concernant la sensible question des territoires. Moscou exige que Kiev abandonne la totalité de la région de Donetsk (est), y compris les zones tenues par les forces ukrainiennes, en échange d’un éventuel gel de la ligne de front. Kiev refuse ce retrait de la région, qui abrite ses principales défenses contre les attaques russes, mais redoute que Washington soutienne la position de Moscou. L’administration de Donald Trump avait proposé la création d’une « zone économique libre » dans les territoires contestés de l’est de l’Ukraine, où aucune des parties n’exercerait de contrôle militaire. « Même si nous parvenons à créer une zone économique libre, nous aurons besoin de règles équitables et fiables », a estimé Volodymyr Zelensky.

Le chiffre du jour

13. Tel est le nombre d’athlètes russes participant sous une bannière neutre aux Jeux de Milan Cortina, suite à une décision prise en 2023 par le Comité international olympique (CIO) d’autoriser les sportifs à ne représenter ni leur pays ni d’autres organisations de leur nation. Leur emblème : celui des « AIN » pour « athlètes individuels neutres ». Dans un bar à Moscou, la diffusion de la cérémonie d’ouverture des JO permet d’oublier, temporairement, « la politique ». Vêtu d’un pull rouge marqué « Russie » en lettres capitales, Anton ne mâche pas ses mots : « on ne va pas rester pleurer à la maison parce que les Russes ont un drapeau neutre ». Agé de 39 ans et propriétaire d’une société de production audiovisuelle, il déclare que c’est un détail : « On sait que les gars de Russie sont des sportifs russes tout comme les sportifs d’Italie, de France, de Thaïlande… Du monde entier. On n’est pas des politiciens, on est des sportifs », a-t-il dit. « La situation mondiale est actuellement un peu difficile et étrange. On essaie d’oublier ça », confie-t-il toutefois, ne se présentant que par son prénom. De difficiles négociations entre Moscou et Kiev, sous médiation américaine, se déroulent afin de tenter de mettre un terme au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, pour les clients de ce bar au centre de Moscou, où une demi-douzaine d’écrans diffusent la cérémonie d’ouverture des JO via le « Netflix russe », le plaisir de vivre cet événement mondial se mêle à la sensation d’un retour à une certaine normalité.

Notre dossier sur la guerre en Ukraine

La tendance

Pour faire pression sur l’Ukraine, l’armée russe intensifie depuis plusieurs mois ses frappes massives sur les infrastructures énergétiques, provoquant des coupures d’électricité, d’eau et de chauffage à grande échelle, alors que le pays endure un hiver particulièrement rigoureux. Cette dernière attaque fait suite à une tentative d’assassinat visant un haut responsable du renseignement militaire russe, le général Vladimir Alekseïev, qui a été grièvement blessé à Moscou. Moscou attribue cette attaque à l’Ukraine, l’accusant de chercher à compromettre les négociations en cours. D’autres assassinats ont ciblé ces dernières années des hauts responsables militaires russes ou des partisans idéologiques du conflit, et ont parfois été revendiqués par Kiev.