Guerre en Ukraine: « Rien ne peut préparer à ce que j’ai vécu à Kherson, c’était effrayant »

Quelques jours après le départ des Russes de Kherson, les découvertes macabres s’enchaînent. Ce jeudi 17 novembre, la police ukrainienne a mis la main sur des chambres de torture ainsi que des fosses communes. « Je n’ai pas encore vu de tortures à une telle échelle », a déclaré Dmytro Loubynets, un haut responsable ukrainien chargé des droits de l’Homme à la télévision nationale. « L’étendue est simplement horrible. »

Ses dires ont été confirmés par les Ukrainiens détenus par les Russes à Kherson. Livrant leur témoignage à CNN, plusieurs d’entre eux n’ont pas hésité à donner des détails glaçants sur les sévices infligées par leurs geôliers. « Ils maltraitaient tout le monde, nous maintenaient affamés, nous utilisaient comme main d’oeuvre gratuite pour réparer leurs véhicules militaires », raconte Oleksander. La jambe de l’Ukrainien a été cassée par les Russes volontairement, afin de le maîtriser. Mais, à ses yeux, il s’en sort bien. Nombre d’autres prisonniers ont connu un funeste destin. L’homme relate ainsi que des détenus étaient emmenés par les gardes après avoir continué à manifester leur soutien à leur pays et étaient exécutés sur le champ.

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« Sais-tu ce qui va arriver à ta femme ? »

Pour faire parler leurs captifs, les Russes étaient prêts à se livrer à toutes sortes de ruses. « Un type est venu vers moi avec un pistolet, il me l’a mis sur la tête et a commencé à me poser des questions », détaille Kosta, un Ukrainien également détenu à Kherson par les forces ennemies. « ‘Sais-tu ce qui va arriver à ta femme si tu ne nous dis pas la vérité ?’, m’ont demandé les soldats. »

S’il a accepté de collaborer, le jeune homme n’en était pas moins au bout de ses peines. Placé en cellule, il a été soumis à de longues sévices psychologiques. « Rien ne peut vous préparer à ça », continue-t-il auprès de CNN, expliquant que cette fois les tortionnaires lui avaient mis un pistolet sur la tempe et avaient appuyé sur la gâchette. « Je ne suis pas sûr que toute ma vie ait défilé devant mes yeux, mais en tous les cas c’était vraiment effrayant. » La fausse exécution a ensuite mené à une fausse électrocution. « Ils ont mis des pinces sur mes testicules, mais sans enclencher le courant », poursuit l’Ukrainien.

Si ces interrogatoires l’ont traumatisé, Kosta reste particulièrement marqué par les plaintes et les pleurs qu’il n’a jamais cessé d’entendre durant sa détention. « J’entendais des hommes crier et appeler leur mère alors qu’ils se faisaient battre », se souvient-il, horrifié.