Guerre en Ukraine : Les raisons de la haine entre Zelensky et Orbán.
Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en 2022, les relations entre Kiev et la Hongrie sont absolument détestables. Le gouvernement ukrainien a conseillé à ses ressortissants « de s’abstenir, faute de garantie sécuritaire sur fond d’agissements arbitraires des autorités hongroises ».
Les relations entre l’Ukraine et la Hongrie sont très tendues. Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, ces relations sont devenues particulièrement hostiles. La raison principale est que, bien que la Hongrie soit membre de l’Union européenne, elle est l’un des rares pays à avoir noué des liens avec la Russie depuis le début du conflit en 2022. Depuis quatre ans, les relations entre les deux nations qui partagent 140 kilomètres de frontière sont à un niveau très bas. Récemment, la tension a encore augmenté à chaque déclaration de Viktor Orbán et de Volodymyr Zelensky. 20 Minutes a rassemblé quelques-unes des raisons de cette nouvelle détérioration.
Une histoire d’oléoduc
L’oléoduc, surnommé « de l’amitié » (droujma en russe), est à l’arrêt. Ce long tuyau de 4.000 km était censé fournir du pétrole russe à la Slovaquie et à la Hongrie, les seuls pays européens continuant d’importer le pétrole de Poutine grâce à une dérogation. L’oléoduc, touché par une frappe russe en janvier, est hors d’usage. Orbán accuse explicitement l’Ukraine de retarder sa réparation, ce qui pourrait effectivement être le cas.
« Pour être honnête, je ne le rétablirai pas. C’est ma position », a réaffirmé Zelensky malgré les pressions de l’Union européenne. « C’est du pétrole russe. Ils sont en train de nous tuer, et nous, nous serions censés fournir du pétrole à Orbán parce que le pauvre Orbán ne peut pas gagner les élections sans ce pétrole », a déclaré le dirigeant ukrainien, tout en reconnaissant que l’oléoduc pourrait être remis en service « d’ici un mois et demi ». Avec le conflit au Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole, la tension a encore crû.
Le prêt de 90 milliards bloqué
Pour exercer une pression sur son adversaire, Orbán utilise tout son pouvoir. En tant que membre de l’Union, il a opposé son veto et bloque actuellement le prêt de 90 milliards d’euros qui devait être accordé à l’Ukraine. De plus, il entrave l’adoption d’un nouveau paquet de sanctions contre la Russie. Cela ne plaît pas à Zelensky, qui s’est même montré menaçant jeudi. « Nous espérons qu’aucune personne au sein de l’UE ne bloquera les 90 milliards. Sinon, nous donnerons l’adresse de cette personne à nos forces armées, à nos gars. Qu’ils l’appellent et qu’ils lui parlent dans leur propre langage », a-t-il affirmé. « Ce type de langage est inacceptable. Il ne doit y avoir aucune menace à l’encontre des États membres de l’UE », a répondu Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne.
L’Ukraine ne veut plus que ses concitoyens aillent en Hongrie
Ce jeudi, le gouvernement ukrainien a recommandé à ses citoyens « de ne pas se rendre en Hongrie en raison du manque de garanties sécuritaires et des actions arbitraires des autorités hongroises » suite à l’expulsion annoncée de sept Ukrainiens.

La Hongrie accuse ces ressortissants d’avoir convoyé de l’or et des devises depuis l’Autriche. « Nous arrêterons de laisser transiter par la Hongrie des choses importantes pour l’Ukraine, jusqu’à ce que nous recevions l’approbation de l’Ukraine pour les livraisons de pétrole », a affirmé Orbán.
Des prisonniers libérés par Poutine
Le dirigeant hongrois, en pleine campagne électorale, a obtenu cette semaine la libération de soldats ukraino-hongrois par Vladimir Poutine. Ce geste est perçu par Kiev comme une manipulation « cynique » des prisonniers de guerre. Alors que l’économie hongroise traverse des difficultés et que les sondages sont défavorables, Viktor Orbán tente de regagner le contrôle après seize ans de pouvoir.

