Guerre en Ukraine : Le missile russe Oreshnik menace l’Europe.
La Russie a annoncé ce vendredi avoir frappé pour la deuxième fois l’Ukraine avec l’Oreshnik, un missile balistique « à portée intermédiaire » capable d’atteindre des cibles comprises entre 3.000 et 5.500 kilomètres. L’existence de cet engin balistique avait été révélée le 21 novembre 2024, lorsqu’il avait frappé une grande usine militaire dans la ville de Dnipro, en Ukraine.
Son utilisation a été critiquée par Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’UE, qui y voit un « signe clair » d’une « escalade » de la part de Moscou et « un avertissement » adressé à l’Europe et aux États-Unis. La Russie a annoncé ce vendredi avoir de nouveau frappé l’Ukraine avec l’Oreshnik, un missile de dernière génération conçu pour transporter des têtes nucléaires. 20 Minutes fait le point sur cette arme, dont le président Vladimir Poutine a salué la puissance.

Capable d’atteindre des cibles entre 3.000 et 5.500 km
L’Oreshnik, qui signifie « noisetier » en russe, est un missile balistique « à portée intermédiaire » capable d’atteindre des cibles comprises entre 3.000 et 5.500 kilomètres. Il ne rentre donc pas dans la catégorie des missiles intercontinentaux qui peuvent atteindre plus de 5.500 km. Toutefois, s’il était lancé depuis l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement frapper des cibles sur la côte ouest des États-Unis. « L’Oreshnik peut (également) menacer la quasi-totalité de l’Europe », avait souligné en 2024 Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement à Genève, dans un entretien au média Ostorozhno Novosti.
Une vitesse supérieure à 13.000 km/h
Selon Vladimir Poutine, ce missile hypersonique peut atteindre Mach 10, « soit 2,5 à 3 kilomètres par seconde » (environ 12.350 km/h) et « la température des éléments percutants atteint 4.000°C », presque « autant » qu’à « la surface du soleil ». Selon le renseignement militaire ukrainien (GUR), la vitesse atteinte par le missile fin novembre 2024 « sur la partie finale de la trajectoire » était « supérieure à Mach 11 » (environ 13.600 km/h). L’Oreshnik serait également équipé de têtes multiples qui suivent chacune une trajectoire indépendante lors de leur entrée dans l’atmosphère, rendant ainsi son interception plus complexe, a déclaré le président russe.
Un missile déjà tiré sur l’Ukraine en 2024
L’existence de ce missile balistique a été révélée le 21 novembre 2024, lorsqu’il a frappé une importante usine militaire à Dnipro, au centre de l’Ukraine. Cette attaque a été présentée par Moscou comme une réponse aux frappes ukrainiennes de l’époque, qui utilisaient des missiles américains et britanniques ATACMS et Storm Shadow. Depuis, Moscou a annoncé le lancement de sa production en série, et le Bélarus, pays allié de la Russie près de l’UE, a signalé qu’il avait été déployé sur son territoire mi-décembre 2025.
Un missile interdit jusqu’en 2019
Jusqu’en 2019, la Russie et les États-Unis n’étaient pas autorisés à déployer de tels missiles, selon le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé en 1987 durant la guerre froide. Cependant, en 2019, le président américain Donald Trump a retiré les États-Unis de cet accord, accusant Moscou de le violer, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle course aux armements. Fin 2024, lors d’une réunion télévisée avec des responsables militaires, Vladimir Poutine avait affirmé que Moscou disposait d’une réserve de ces missiles « prêts à l’emploi ».

