Guerre en Ukraine: le 6e paquet de sanctions devrait être rapidement formellement approuvé

Le feu vert aux sanctions devrait être rapide, selon une source proche des discussions, et les ministres des 27 pourraient formellement approuver l’interdiction d’importation (avec exceptions temporaires) dès jeudi. Un accord politique sur ce sujet délicat avait été dégagé au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement lundi soir, lors d’un sommet extraordinaire à Bruxelles. L’interdiction vaudra dans un premier temps, pour le brut, sur le pétrole russe acheminé par bateau, ce qui couvre environ deux tiers des importations de brut depuis la Russie. Pologne et Allemagne se sont engagées à également cesser d’utiliser, d’ici la fin de l’année, la branche nord de l’oléoduc Droujba, qui nait en Russie. En revanche, les pays enclavés connectés à la branche sud de ce même pipeline (Hongrie, Slovaquie, Tchéquie) bénéficieront d’exemptions temporaires.

Pour des pays comme la Belgique, mais aussi les Pays-Bas, l’Italie et la Grèce, il était particulièrement important d’éviter une concurrence inéquitable de la part de l’Allemagne, par exemple, si celle-ci venait à continuer de bénéficier de l’afflux de pétrole russe par oléoduc. Mais Berlin a, selon les dirigeants, apaisé les craintes en ce sens durant le sommet de lundi et mardi. Avec les décisions polonaise et allemande de se détacher du brut amené par Droujba d’ici fin 2022, l’UE aura d’ici l’année prochaine fait une croix sur environ 90% de son approvisionnement en pétrole russe.

La durée de l’exemption, particulièrement dans le cas de la Hongrie dont Viktor Orban l’a présentée comme une victoire, reviendra sur la table du Conseil européen, probablement lors du sommet des 23-24 juin.

L’approbation des textes par les ministres pourrait se faire par procédure écrite, pour une publication jeudi ou vendredi au Journal officiel de l’UE. Il s’agit du 6e paquet de sanctions dans son ensemble, dont l’embargo pétrolier ne constitue qu’un élément.