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Guerre en Ukraine : La Russie ne veut pas de trêve, Zelensky espère des fonds européens

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que Kiev doit impérativement obtenir l’aide annoncée de 90 milliards d’euros, dont 60 milliards doivent aller à l’armée, pour financer son effort de guerre face à l’invasion russe lancée en 2022. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné ce mardi la Russie pour la détention provisoire de l’historien du goulag Iouri Dmitriev, jugeant que sa détention avait été trop longue et qu’il n’avait pas bénéficié d’un procès équitable.

Vous avez manqué les derniers événements relatifs à la guerre en Ukraine ? 20 Minutes vous résume tous les soirs. Voici les principales informations du mardi 31 mars 2026, au 1.497e jour du conflit.

Le fait du jour

L’idée d’une trêve énergétique, proposée par le président ukrainien lundi, semble déjà compromise. Ce mardi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que la Russie n’avait pas constaté « d’initiative clairement formulée » émanant de Kiev en faveur d’une trêve de Pâques en Ukraine, en réponse à la proposition de trêve énergétique avancée la veille par le président ukrainien.

Selon le porte-parole du Kremlin, le président ukrainien « parlait de sa volonté et de son souhait d’aller à une trêve, quelle qu’elle soit, y compris de Pâques ».

Dmitri Peskov a néanmoins écarté l’idée d’un cessez-le-feu, stipulant que le dirigeant ukrainien devait « prendre les décisions appropriées afin que nous aboutissions à la paix, et non à une trêve » pour mettre un terme au conflit qui perdure depuis février 2022. Moscou a plusieurs fois refusé, au cours des derniers mois, un arrêt temporaire des hostilités.

La déclaration du jour

« Nous insistons sur la création d’un Tribunal spécial pour le crime d’agression russe »

Ces paroles sont de Kaja Kallas. La cheffe de la diplomatie de l’UE, accompagnée de plusieurs représentants des États membres, a commémoré ce mardi en Ukraine le massacre de Boutcha, près de Kiev, survenu en 2022 et a réaffirmé son soutien à l’Ukraine face à la Russie.

S’exprimant près du mémorial dédié aux victimes, Kaja Kallas a souligné que des poursuites judiciaires contre les responsables de ces « crimes de guerre » seront nécessaires pour « instaurer une paix juste et durable » en Ukraine.

Un Tribunal spécial pour le crime d’agression russe doit être établi sous l’égide du Conseil de l’Europe. Ce tribunal a vocation à poursuivre les responsables politiques et militaires ayant choisi d’utiliser « la force armée » contre Kiev et à compléter le travail de la Cour pénale internationale (CPI).

Le chiffre du jour

90 milliards d’euros. C’est le montant du prêt essentiel de l’UE à l’Ukraine, actuellement bloqué en raison du refus de la Hongrie dirigée par Viktor Orban. Ce mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est cependant montré confiant quant à la capacité de ses alliés européens à « débloquer » des sources de financement pour soutenir l’Ukraine.

« L’Europe réfléchit à une alternative et ils ont des idées. Je pense qu’ils trouveront une solution. Ce sont des dirigeants intelligents et forts, et ils débloqueront tous ces processus », a-t-il déclaré à des journalistes.

Kiev doit absolument obtenir cette aide promise de 90 milliards d’euros, dont 60 milliards doivent être alloués à l’armée, pour financer son effort de guerre entre 2026 et 2027, face à l’invasion russe lancée en 2022. Des travaux qui devaient commencer en mars ont déjà été retardés, « tout cela parce qu’une personne en Europe s’oppose à toute l’Europe juste pour plaire à Moscou », a exprimé Volodymyr Zelensky, visiblement irrité.

La tendance

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné ce mardi la Russie pour la détention provisoire de l’historien du goulag, Iouri Dmitriev, sans cependant accuser formellement Moscou d’avoir engagé des poursuites pour des motifs politiques.

« Nous ne reconnaissons pas cette décision » et la condamnation de la CEDH n’a « aucune » importance, a réagi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors de son point de presse quotidien.

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Dans leur décision, les juges de Strasbourg ont considéré que la détention provisoire de l’historien russe, accusé de violences sexuelles envers sa fille adoptive, avait été excessive et qu’il n’avait pas bénéficié d’un procès équitable.

Iouri Dmitriev, né en 1956, a été condamné en appel en 2020 à 13 ans de prison, peine augmentée de deux ans l’année suivante, dans le cadre d’une affaire suspectée de viser à nuire à son travail de mémoire, ses recherches allant à l’encontre du discours officiel de réhabilitation de l’URSS.