Guerre en Ukraine : la neutralité de la Suisse n’est « pas en question », assure son président

« Bien sûr qu’il y a en Europe un sentiment d’une unité plus forte contre cette agression (de l’Ukraine par la Russie, NDLR) qui nous a tous réveillé d’une situation de paix dont on bénéficiait depuis 70 ans », a déclaré le président en exercice de la Confédération lors d’un entretien avec quelques journalistes au siège de l’ONU à New York.

Mais « la Suisse est toujours neutre, la neutralité de la Suisse n’est pas en question », a-t-il assuré, rejetant notamment l’idée d’un rapprochement avec l’Otan.

« Rapprocher dans le sens d’un pas intermédiaire pour demander un jour de devenir membre, non, pour l’instant ce n’est pas une discussion politique en Suisse ».

« La neutralité est assez simple: on ne prend pas part à une guerre, on n’envoie pas d’armes ou de troupes dans une guerre, et on ne donne pas son territoire pour des armes ou des troupes de parties en guerre, ni on ne participe à une alliance militaire comme l’Otan », a-t-il développé.

Mais « autour de cette neutralité, il y a une politique extérieure et de sécurité », et « condamner la violation du droit international par cette agression militaire russe est une obligation axée sur la Constitution et qui ne lèse en rien la neutralité », a-t-il insisté.

La Suisse a repris les sanctions contre des responsables russes décidées par l’Union européenne après l’invasion de l’Ukraine.

Selon certains observateurs, pour cette raison, Moscou semble estimer que la Suisse n’est plus neutre, position qui serait à l’origine de la pause forcée des pourparlers syriens dont une nouvelle session devait avoir lieu fin juillet à Genève.