Guerre en Ukraine: « La deuxième phase du chantage nucléaire russe a démarré »

Avec le bombardement de cette centrale, « la deuxième phase de leur chantage nucléaire a démarré », a estimé M. Polovitch alors que le site d’une autre installation atomique ukrainienne, celle de Zaporijjia (sud) avait déjà été bombardé à plusieurs reprises ces derniers mois, ce qui faisait craindre un accident nucléaire.

L’AFP a pu constater mardi la présence d’un cratère profond, parsemé de morceaux d’obus, à quelques centaines de mètres de la centrale de Pivdennooukraïnsk, dans la région de Mykolaïv, lors d’une visite de presse organisée par l’opérateur des centrales nucléaires ukrainiennes Energoatom.

A des dizaines de mètres du cratère, un bâtiment que l’AFP n’a pu visiter semblait avoir ses portes et fenêtres soufflées par l’explosion. De l’autre côté du trou, un autre bâtiment, moins détruit, avait également perdu la plupart de ses vitres.

D’après le responsable de la sécurité de Pivdennooukraïnsk, Ivan Gebet, policiers et procureurs ont ratissé lundi le site du bombardement à la recherche d’éclats d’obus, qu’ils ont emmenés afin d’identifier le projectile.

Ce site nucléaire ukrainien est le troisième à se retrouver entraîné dans la guerre lancée par la Russie en février contre l’Ukraine, et cela malgré les multiples appels de la communauté internationale à épargner de telles infrastructures afin de ne pas provoquer une catastrophe continentale.

La centrale de Zaporijjia (sud), la plus grande d’Europe et occupée par les troupes russes depuis les premières semaines de l’invasion, a été visée à de nombreuses reprises par des bombardements ces derniers mois.

Kiev et Moscou s’en rejettent la responsabilité et s’accusent mutuellement de chantage nucléaire.

Au début de l’invasion, les forces de Moscou ont aussi occupé la centrale de Tchernobyl (nord), théâtre en 1986 du pire accident nucléaire de l’Histoire. Fermée depuis 2000, cette centrale se trouve dans une zone hautement contaminée par les déchets radioactifs.