Guerre en Ukraine : Kiev se prépare à de nouveaux combats dans l’Est, des bus envoyés à Marioupol pour évacuer les civils (DIRECT)

8h26 : Kiev envoie 45 bus pour évacuer des civils à Marioupol, où Moscou a annoncé une trêve

Kiev s’apprête à envoyer jeudi 45 bus pour évacuer des civils depuis Marioupol, ville assiégée du sud-est de l’Ukraine où Moscou a annoncé une trêve, a annoncé Iryna Verechtchouk, vice-Première ministre ukrainienne.

« Cette nuit, nous avons été informés par le Comité international de la Croix Rouge que la Russie était prête à ouvrir l’accès aux convois humanitaires depuis Marioupol », en direction de la ville de Zaporojie, via Berdiansk, a-t-elle déclaré dans une vidéo postée sur Telegram. « Sur le couloir de Marioupol, nous envoyons 45 bus », a-t-elle ajouté.

7h37 : Pas de « neutralité » de l’Ukraine sans référendum, qui pourrait prendre plusieurs mois

La question de la « neutralité » de l’Ukraine, l’un des points centraux des négociations avec la Russie pour mettre fin à la guerre initiée par cette dernière chez sa voisine, ne pourra être réglée que par la tenue d’un référendum, exigeant au moins trois millions de signatures citoyennes et qui pourrait prendre jusqu’à un an, a souligné jeudi dans une interview télévisée l’un des négociateurs ukrainiens, David Arakhamia, cité par les médias britanniques BBC et The Guardian. Moscou, qui se dit menacée par l’extension de l’Otan, exige des garanties de Kiev assurant que l’Ukraine ne rejoindra pas l’Alliance atlantique et adoptera donc un statut « neutre ». Côté ukrainien, on indique analyser la proposition « en profondeur ». Mais, a répété M. Arakhamia, il s’agit d’une « question citoyenne, pas politique ». Un référendum doit donc être organisé, une « procédure longue qui peut seulement se poser dans un contexte pacifié ».

7h02 : Une contraction massive du PIB prévue en Ukraine et en Russie

L’économie de l’Ukraine devrait se contracter de 20% cette année à cause de l’invasion du pays par la Russie, qui verra de son côté son PIB plonger de 10%, d’après des prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) publiées jeudi. Avant la guerre, la Berd anticipait une croissance de 3,5% en 2022 pour l’Ukraine et de 3% pour la Russie.

Ces prévisions partent du principe qu’un arrêt des hostilités sera décidé sous quelques mois, suivi d’un effort majeur de reconstruction de l’Ukraine. Selon ce scénario, l’économie de l’Ukraine devrait rebondir de 23% l’an prochain, tandis que le PIB de la Russie, qui devrait encore subir des sanctions, devrait tout juste se stabiliser avec une croissance nulle.

La Berd a été fondée en 1991 pour aider les pays de l’ex-bloc soviétique à passer à une économie de marché, mais elle a depuis étendu son périmètre pour inclure des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

La banque prévoit par ailleurs dans ses nouvelles projections que sa zone, hors Bélarus et Russie, connaîtra une croissance de 1,7% cette année, contre 4,2% anticipé en novembre, avant la guerre, avant une accélération à 5% en 2023.

La banque avertit que ces prévisions sont à considérer au regard d’une incertitude exceptionnellement élevée, « et avec une marge de détérioration élevée si les hostilités augmentent ou si les exportations de gaz et autres matières premières depuis la Russie sont restreintes ».

D’après la Berd, l’économie mondiale fait face au « plus fort choc d’approvisionnement depuis au moins le début des années 1970 ».

4h39 : Les conseillers de Poutine craignent de lui dire la vérité

Les conseillers du président russe Vladimir Poutine « ont peur de lui dire la vérité » sur sa stratégie de guerre « défaillante » en Ukraine, a affirmé jeudi le directeur des renseignements britanniques. Vladimir Poutine a « extrêmement mal évalué » l’invasion, a déclaré le directeur de l’agence de renseignement britannique GHQ Jeremy Fleming dans un discours à l’Université nationale australienne de Canberra.

« Nous avons vu des soldats russes – à court d’armes et le moral en berne – refuser d’exécuter les ordres, saboter leur propre équipement et même abattre accidentellement leur propre avion », a énuméré M. Fleming. « Et même si les conseillers de Poutine ont peur de lui dire la vérité, ce qui se passe et l’ampleur de ces erreurs d’appréciation doivent être parfaitement clairs pour le régime », a-t-il estimé. Ces remarques, publiées à l’avance, font écho à celles des renseignements américains publiés par la Maison Blanche la veille, indiquant que M. Poutine était « mal informé » par ses conseillers sur l’évolution de l’opération russe.

Les services de renseignement occidentaux s’efforcent de mettre l’accent sur les échecs de la Russie dans cette guerre et sur les divisions au sein du cercle restreint de Poutine. Sur le terrain en Ukraine, Moscou utilise des mercenaires et des combattants étrangers pour soutenir ses propres forces. Parmi eux, le groupe Wagner, qui « passe à la vitesse supérieure » après avoir été actif dans le pays depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

« Le groupe travaille comme une branche fantôme de l’armée russe », permettant à Vladimir Poutine de se déresponsabiliser face aux « opérations plus risquées », a-t-il fait valoir. Selon M. Fleming, le président russe a cependant sous-estimé la résistance ukrainienne, la force de la coalition internationale contre lui et l’impact des sanctions économiques. Le dirigeant russe a également surestimé la capacité de sa propre armée à remporter une victoire rapide, a-t-il ajouté.

L’engagement fait par Moscou de réduire « radicalement » son activité militaire autour de Kiev et dans la ville du nord Tcherniguiv « montre peut-être qu’il a été obligé de se remettre en question de manière significative », selon Jeremy Fleming.

4h07 : Zelensky s’adressera aux parlements belge et néerlandais ce jeudi

Le président ukrainien Volodimir Zelensky s’adressera par liaison vidéo non seulement au parlement belge mais aussi au parlement néerlandais ce jeudi. Aux Pays-Bas, il est attendu à la Chambre basse dans la matinée, pour ensuite s’adresser aux députés belges à 14h15. La Chambre prévoit une introduction par la présidente Eliane Tillieux et un conclusion par le Premier ministre Alexander De Croo. Juste avant le discours de Zelensky, l’hymne national ukrainien sera joué en direct par un violoncelliste et un violoniste, tous deux d’origine polonaise. Des représentants de l’ambassade d’Ukraine à Bruxelles seront présents dans la salle. Les membres du Sénat, les ministres-présidents des Communautés et des Régions, ainsi que les présidents des parlements des entités fédérées ont également été invités.

Aux Pays-Bas, le Premier ministre Mark Rutte n’était initialement pas le bienvenu au discours, mais la présidente du Parlement Vera Bergkamp a annoncé cette semaine qu’il pourrait finalement venir. Cette dernière a également invité les ministres Kajsa Ollongren (Défense) et Wopke Hoekstra (Affaires étrangères). Ensuite, il y aura un débat à la Chambre sur le discours du président russe.

3h55 : L’UE et les États-Unis lancent un dialogue stratégique sur la Russie

L’Union européenne et les États-Unis se sont rencontrés mercredi à Washington pour la première fois dans le cadre d’un dialogue stratégique sur la Russie, a indiqué le département d’État américain. L’accent a été mis, entre autres, sur la coordination des politiques autour de la guerre en Ukraine. Les deux parties ont condamné « la guerre injuste et barbare du Kremlin contre l’Ukraine » et ont appelé à un arrêt immédiat des attaques russes contre les civils. Les discussions font suite à un engagement pris lors du sommet UE-États-Unis de juin 2021, au cours duquel les deux parties avaient décidé de coordonner leurs politiques et leurs actions concernant la Russie. Les discussions de mercredi ont porté sur les « objectifs stratégiques et la coordination des politiques visant à mettre fin à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine ».

Les deux parties ont discuté, entre autres, de nouvelles sanctions visant à isoler davantage la Russie dans la sphère économique, selon un communiqué de presse conjoint de la secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires politiques, Victoria Nuland, et du secrétaire d’État adjoint européen aux Affaires politiques, Enrique Mora. Les deux hauts diplomates ont également salué la coordination entre les deux partenaires dans l’imposition de ces sanctions.

Les États-Unis et l’UE ont également exhorté la Chine à ne pas compromettre les sanctions contre la Russie et à ne soutenir en aucune façon l’agression russe. Les deux diplomates ont aussi insisté sur l’importance de continuer à demander à la Chine de soutenir une cessation immédiate des hostilités, la création de couloirs humanitaires et la prévention d’une nouvelle escalade.

La prochaine réunion aura lieu à la fin de l’année.

1h39 : Les négociations se poursuivront de façon virtuelle vendredi, selon Kiev

Les pourparlers entre l’Ukraine et la Russie se poursuivront virtuellement ce vendredi 1er avril, a annoncé le chef de la délégation ukrainienne, David Arachamija, sur Telegram. Selon lui, lors des négociations en Turquie en début de semaine, l’Ukraine avait proposé d’organiser une conversation entre les présidents russe et ukrainien, mais la délégation russe a estimé qu’un projet de traité devait d’abord être sur la table. Pour Kiev, une telle conversation ne pourra certainement pas avoir lieu en Russie ou au Bélarus à l’avenir.

David Arachamija a également fait l’éloge de l’oligarque russe Roman Abramovich, qui était présent lors des dernières discussions de mardi. Il joue un rôle positif, a confié l’Ukrainien à plusieurs médias. Il fournit un « canal de communication non officiel », qui permet aux gens de s’exprimer dans un langage ordinaire et non diplomatique. Il s’efforce de rester neutre, selon le chef de la délégation ukrainienne. « Bien que nous ne le considérions pas comme une partie neutre, nous pouvons dire qu’il est plus neutre que le côté officiel dans les négociations. »

À l’issue du dernier cycle de négociations, mardi, la Russie et l’Ukraine s’étaient montrées positives. Dans la foulée, tant Kiev que Moscou ont affirmé qu’aucune percée significative n’y avait été réalisée.

00h31 : L’Ukraine signale une attaque à la roquette contre un dépôt pétrolier à Dnipro

Une attaque de roquettes russes a détruit un dépôt de pétrole rempli de carburant à Dnipro, dans le sud-est de l’Ukraine, a signalé mercredi le chef du conseil régional, Mikola Lukashuk, sur Telegram. Les débris d’une roquette ont également endommagé deux camions-citernes. L’attaque à la roquette n’a fait ni mort ni blessé. La nouvelle n’a pas pu être confirmée de manière indépendante.

Dnipro a jusqu’à présent été largement épargnée par les attaques de missiles russes. Selon des sources ukrainiennes, la Russie a également tiré récemment deux missiles sur une base militaire proche de cette ville de plus d’un million d’habitants. La caserne a été lourdement endommagée.

À Novomoskovsk, au nord-est de Dnipro, une roquette a également touché une usine mercredi. Il n’y a pas eu de victimes, selon les autorités de Dnipropetrovsk.

Le point sur la situation

Trêve jeudi à Marioupol

Le ministère russe de la Défense a annoncé mercredi soir un « régime de silence », soit un cessez-le-feu local, à partir de 10H00 jeudi (07H00 GMT) dans le port assiégé ukrainien de Marioupol afin d’évacuer des civils.

Cette mesure doit permettre d’ouvrir un couloir humanitaire vers la ville ukrainienne de Zaporojie avec une étape par le port de Berdiansk, sous contrôle russe.

« Pour que cette opération humanitaire réussisse, nous proposons de la mener avec la participation directe de représentants du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) », a ajouté le ministère dans un communiqué.

Rien de « prometteur » dans les pourparlers

Semblant revenir sur des annonces faites par Moscou à l’issue de discussions entre les belligérants mardi à Istanbul, le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a dit ne pas pouvoir « faire état de quoi que ce soit de très prometteur ou d’une percée quelconque ».

« Pour l’heure, nous ne pouvons pas parler de progrès et nous n’allons pas le faire », a-t-il insisté mercredi, précisant qu’il n’y avait « pas d’avancées » non plus dans l’organisation d’une éventuelle rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

« Nous ne croyons personne » affirme Zelensky

Le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandre Motuzyanyk, avait souligné plus tôt avoir constaté le départ de certaines unités de Kiev et de Tcherniguiv, mais « pas de retrait massif de troupes russes de ces zones », contrairement à la promesse faite la veille par Moscou de « réduire radicalement » son activité militaire dans cette zone.

Sur ce sujet, « nous ne croyons personne, pas une seule belle phrase », a affirmé dans la soirée le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant que les forces russes se regroupaient pour attaquer la région du Donbass. « Nous ne cèderons rien. Nous nous battrons pour chaque mètre de notre territoire », a-t-il dit.

Début de retrait à Tchernobyl

Les forces russes commencent à se retirer du site nucléaire de Tchernobyl, dont elles avaient pris le contrôle dès le premier jour de l’invasion de l’Ukraine le 24 février, a indiqué mercredi un haut responsable du Pentagone.

L’armée russe a commencé à se retirer de l’aéroport de Gostomel, au nord-ouest de Kiev, et « Tchernobyl est une autre zone où ils commencent à se repositionner, quittant Tchernobyl pour aller au Belarus », a déclaré à la presse ce haut responsable ayant requis l’anonymat.

Moscou accusé de tirs d’obus au phosphore

Les autorités ukrainiennes ont accusé les forces russes d’avoir tiré mercredi des obus au phosphore sur la petite ville de Marinka, dans l’est de l’Ukraine.

« Crimes de guerre » en Ukraine

La haute commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a évoqué mercredi « des crimes de guerre » commis en Ukraine dans un long réquisitoire contre les actions menées pour l’essentiel par l’armée russe.

Elle n’a laissé aucun doute sur le fait qu’elle estime que la Russie est la principale fautive même si elle n’a pas totalement dédouané les forces ukrainiennes.

Un peu plus tôt, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU avait chargé Erik Mose, un juge norvégien ayant siégé dans plusieurs tribunaux internationaux, de diriger l’enquête sur les violations commises par la Russie en Ukraine.

Les Tatars exigent la restitution de la Crimée

Les représentants des Tatars de Crimée ont exigé mercredi que la restitution à l’Ukraine de cette péninsule annexée par la Russie en 2014 soit une des conditions posées par Kiev dans les négociations avec Moscou pour mettre fin au conflit armé.

Sur le terrain militaire

La ville de Tcherniguiv (nord) a été bombardée « toute la nuit », a annoncé le gouverneur de la région, malgré l’annonce faite la veille par Moscou d’une réduction de son activité militaire autour de Kiev et de cette ville.

A Irpin qui est désormais « à 100% contrôlée par l’armée ukrainienne », au moins 200 personnes sont mortes depuis le début du conflit, selon son maire.

Dans l’Est, l’armée ukrainienne a repris le contrôle d’une autoroute stratégique reliant Kharkiv à Tchougouïv, et les forces russes ont quitté, après un mois d’occupation, la ville de Trostyanets (nord-est).

A Marioupol (sud), les forces russes ont « délibérément bombardé un bâtiment du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) », a affirmé mercredi une responsable ukrainienne, sans pouvoir donner de bilan. La mairie a de son côté dénoncé l’évacuation forcée vers la Russie d’une maternité de la ville.

Les séparatistes d’Ossétie du Sud veulent rejoindre la Russie

Le chef de l’Ossétie du Sud, un territoire pro-russe du Caucase ayant fait sécession de la Géorgie, a envisagé mercredi d’organiser une consultation populaire pour être rattaché à la Russie.