Guerre en Ukraine : Kiev et Moscou poursuivent les discussions, l’Otan propose une défense « automatisée »
Les pourparlers entre délégations ukrainienne, russe et américaine se sont achevés samedi à Abou Dhabi après des discussions « constructives » selon le président ukrainien. 370 drones ont été lancés par la Russie sur l’Ukraine dans la nuit de vendredi à samedi, selon les autorités ukrainiennes.

Vous n’avez pas suivi les récents développements sur la guerre en Ukraine ? 20 Minutes vous résume l’essentiel chaque soir. Voici les principales informations de ce samedi 24 janvier, au 1.430e jour du conflit.
Le fait du jour
Les discussions entre les délégations ukrainienne, russe et américaine se sont conclues samedi à Abou Dhabi après des échanges « constructifs », d’après le président ukrainien. Volodymyr Zelensky a annoncé que de nouvelles rencontres pourraient avoir lieu « dès la semaine prochaine ».
Ces pourparlers représentent les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev concernant le plan américain de résolution de cette guerre, qui a causé des dizaines de milliers de morts depuis 2022. Cependant, les Ukrainiens semblent peu optimistes. La Russie continue en effet de bombarder les infrastructures énergétiques du pays, laissant les civils exposés au froid et à l’obscurité.
Le chiffre du jour
370. C’est le nombre de drones lancés par la Russie sur l’Ukraine durant la nuit de vendredi à samedi, selon les autorités ukrainiennes. De plus, 27 missiles ont été tirés en direction du territoire. Ces bombardements nocturnes ont privé d’électricité plus d’un million de personnes à Kiev et dans la région de Tcherniguiv, avec la moitié des bâtiments de la capitale de nouveau sans courant et sans chauffage, alors que les températures chutent quotidiennement en dessous de -10 °C.
La déclaration du jour
« Avec cynisme, [Vladimir] Poutine a ordonné une frappe de missiles brutale et massive contre l’Ukraine au moment où des délégations se rencontrent à Abou Dhabi pour faire avancer le processus de paix mené par les Américains. »
Ce sont les propos d’Andriï Sybiga, ministre des Affaires étrangères ukrainien, ce samedi sur X. Les frappes russes nocturnes ont causé au moins un mort et 27 blessés à Kiev et à Kharkiv, dans le Nord-Est, et des alertes aux frappes aériennes ont retenti dans tout le pays.
Ce contexte intervient alors que des délégations ukrainiennes, américaines et russes se sont réunies depuis vendredi à Abou Dhabi pour discuter des conditions de règlement du conflit. « Efforts de paix ? Rencontre trilatérale aux Emirats arabes unis ? Diplomatie ? Pour les Ukrainiens, c’était une nouvelle nuit de terreur russe », a-t-il déclaré.
La tendance
L’Otan envisage de renforcer ses défenses aux frontières européennes avec la Russie au cours des deux prochaines années, en mettant en place notamment une « zone automatisée » de défense équipée presque sans soldats, a déclaré samedi un général allemand dans la presse. Ce plan de défense inclura une zone de protection que l’ennemi devra franchir avant de progresser, qualifiée de « sorte de zone chaude », a expliqué au journal dominical Welt am Sonntag le général de brigade Thomas Lowin, chef adjoint de l’état-major des opérations au Commandement terrestre de l’Otan à Izmir, en Turquie.
Concrètement, des capteurs identifieront les forces ennemies et activeront les systèmes de défense, tels que des drones armés, des véhicules de combat partiellement autonomes, des robots terrestres sans équipage, ainsi que des dispositifs automatisés de défense aérienne et antimissile, a précisé le général. Toutefois, la décision finale d’utilisation de ces armes restera « toujours sous responsabilité humaine ».
Les capteurs, devant couvrir une zone de plusieurs milliers de kilomètres, seront situés « au sol, dans l’espace, dans le cyberespace ou dans les airs ». Ils pourront rassembler des données sur « les mouvements ou l’utilisation d’armes par l’adversaire » afin de fournir des informations « à tous les pays de l’Otan en temps réel ».

