Guerre en Ukraine : Anastasia, 11 ans, loin de sa famille en France
Anastasia, une petite fille de 11 ans, chante dans son uniforme de scout lors d’une cérémonie commémorative pour les quatre ans de la guerre en Ukraine, organisée le 22 février 2023 par Plast dans l’église gréco-orthodoxe de Vincennes. Romain, 22 ans, arrivé en France en avril 2022, affirme que ses premiers mois ont été « compliqués psychologiquement » et qu’il a ensuite commencé ses études tout en habitant seul dans l’Yonne.
Dans son uniforme de scout, Anastasia chante pour rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie dans les combats en Ukraine. Ce dimanche 22 février, la petite fille de 11 ans, aux longs cheveux blonds, accompagne sa mère, Liubov, à une cérémonie commémorative marquant les quatre ans de la guerre en Ukraine, organisée par Plast, les scouts ukrainiens en France, au sein de l’église gréco-orthodoxe de Vincennes.
Quelques jours après l’invasion russe survenue le 24 février 2022, mère et fille ont quitté leur ville natale, Ivano-Frankivsk, située à l’ouest du pays, faisant une halte en Pologne avant de terminer leur voyage en région parisienne. Malgré les milliers de kilomètres parcourus, la guerre – et ses traumatismes – demeurent très présents dans leur quotidien. « Je suis triste parce que la guerre n’est pas encore terminée », confie Anastasia, émue lors de la cérémonie par les histoires de vies des soldats, « de tous ceux qui sont morts et nous ont protégés ».

« Toute notre famille est restée en Ukraine »
La guerre a durement touché leur famille : les deux frères de Liubov ont perdu la vie. « Ici, c’est bien, souligne cette femme de 37 ans en essuyant quelques larmes. Nous avons eu de la chance d’avoir trouvé des gens bienveillants qui nous aident, mais toute notre famille est restée en Ukraine, il n’y a que nous qui sommes en France. »
Bien qu’elle ne parle qu’ukrainien, sa fille traduit ses propos. Aujourd’hui, le français semble devenu une formalité, mais la jeune adolescente n’a pas oublié ses débuts en CE1. « Trop durs », résume-t-elle. « Je ne comprenais pas la langue. Maintenant, j’ai appris et j’aime beaucoup. » Bien qu’elle ait une préférence pour les mathématiques et la lecture de bandes dessinées, Anastasia prend également des cours de violon.
Elle suit aussi des cours en ligne avec l’école ukrainienne et assiste à des cours en ukrainien le samedi. Cela lui permet de maintenir un lien avec son pays et peut-être de préparer son avenir. Elle désire retourner chez elle à la fin de la guerre. « Pour retrouver ma famille qui me manque », dit-elle doucement. « À la maison, nous envoyons de l’argent aux personnes qui se battent pour l’Ukraine », ajoute-t-elle. Pour subvenir à leurs besoins, Liubov explique qu’elle effectue des ménages dans des familles avec des contrats courts.
Pour Romain, des premiers mois « compliqués psychologiquement »
Bien qu’Anastasia ne connaissait pas les scouts en Ukraine, elle y a adhéré sur les conseils de sa mère. Elle y retrouve sa culture et sa langue maternelle, mais aussi une solidarité avec d’autres Ukrainiens nés en France ou en exil à cause de la guerre. Pour Romain, 22 ans, arrivé en France en avril 2022, les scouts lui permettent également de rester connecté à son pays d’origine. « Trouver des amis, une communauté ukrainienne, ça apporte du soutien », admet-il. Originaire d’une petite ville près de Kiev détruite par les bombardements, il a fui la guerre, tout comme sa famille, qui s’est maintenant installée en Irlande.
Aujourd’hui, il a obtenu sa licence en commerce et réside à Auxerre, dans l’Yonne. Engagé dans une armurerie en ligne, il souhaite poursuivre ses études en master en France. « Ici, j’ai trouvé des moyens d’aider ma nation », souligne ce jeune homme, en présentant des pointeurs laser achetés avec ses amis, qui seront envoyés en Ukraine. Il participe également à des collectes alimentaires dans l’Yonne, visant à envoyer de la nourriture aux civils ukrainiens.
Les premiers mois en France ont été « compliqués psychologiquement », confie-t-il. Après avoir d’abord séjourné chez des proches, il a commencé ses études et a emménagé seul dans l’Yonne, loin de ses parents. « Il faut faire des efforts pour apprendre le français aussi, c’est une belle langue, mais avec une conjugaison et une prononciation difficiles », sourit-il. Toutefois, il ne songe pas à retourner en Ukraine après s’être acclimaté à la vie en France. Il a également acquis une certaine indépendance.

