Guerre en Iran : Téhéran a tenté de frapper une base britannique
L’Iran a tenté vendredi de frapper « sans succès » la base américano-britannique de Diego Garcia, située à 4.000 kilomètres de son territoire, selon une source officielle britannique. Le ministère britannique de la Défense a condamné ce samedi « les attaques irresponsables de l’Iran », qui « constituent une menace pour les intérêts britanniques et les alliés de la Grande-Bretagne ».
Le ton monte entre Téhéran et le Royaume-Uni. L’Iran a tenté de frapper « sans succès » vendredi la base américano-britannique de Diego Garcia, située en plein milieu de l’océan Indien, à 4.000 kilomètres de son territoire, a confirmé une source officielle britannique ce samedi. Cette tentative infructueuse a eu lieu avant que le gouvernement britannique n’annonce vendredi soir que les États-Unis étaient autorisés à utiliser certaines de ses bases pour frapper des sites iraniens servant à attaquer des navires dans le détroit d’Ormuz, dans le cadre d’« opérations défensives » déjà annoncées.
Le Wall Street Journal a rapporté, citant plusieurs responsables américains, que l’Iran avait tiré deux missiles balistiques vers Diego Garcia, mais qu’aucun des deux n’a touché sa cible, l’un ayant connu une défaillance en vol, l’autre ayant été intercepté par un missile tiré par un navire de guerre américain. Sollicité par l’AFP, le Pentagone s’était refusé à tout commentaire.
Le ministère britannique de la Défense a, de son côté, condamné ce samedi par la voix d’un porte-parole « les attaques irresponsables de l’Iran », qui « constituent une menace pour les intérêts britanniques et les alliés de la Grande-Bretagne ». Située sur une île isolée de l’archipel des Chagos, Diego Garcia est l’une des deux bases britanniques que les États-Unis ont eu l’autorisation d’utiliser pour des « opérations défensives spécifiques contre l’Iran », avec celle de Fairford dans le sud-ouest de l’Angleterre.
Le Royaume-Uni a confirmé vendredi que les Américains pouvaient en faire usage pour également frapper des sites iraniens visant le détroit d’Ormuz, une décision que Londres aurait dû prendre « beaucoup plus rapidement », a fustigé Donald Trump. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre Keir Starmer de mettre « des vies britanniques en danger en autorisant l’utilisation » de ces bases, ajoutant que l’Iran « exercerait son droit à la légitime défense ».
Selon Tom Sharpe, ancien commandant de la Royal Navy et expert au Royal United Services Institute (RUSI) à Londres, Téhéran a « toujours eu des missiles de cette portée, dont nous avions connaissance », même si leur existence n’était pas officielle. Cette tentative infructueuse montre que les Iraniens sont « toujours capables de déplacer des lanceurs mobiles sans être repérés, de les mettre en position et de tirer sans être touchés », sans toutefois « changer la donne » de la guerre, a-t-il estimé.
La base de Diego Garcia est stratégique pour les États-Unis, qui y stationnent des sous-marins nucléaires, des bombardiers et des destroyers. Le Royaume-Uni a signé en 2025 un accord pour rétrocéder l’archipel des Chagos à l’île Maurice, tout en conservant un bail de 99 ans sur Diego Garcia afin de maintenir la base.

