Guerre en Iran : rôle de la mission européenne Apsides dans le détroit d’Ormuz ?
L’UE pourrait déployer la mission Aspides dans le détroit d’Ormuz, quasiment fermé au trafic maritime international par l’Iran depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre le pays. La France avait évoqué le 9 mars une mission internationale « purement défensive » pour rouvrir le détroit, sans préciser si elle devait se faire dans le cadre de la mission Aspides.
Peu connue du grand public, la mission Aspides pourrait représenter une solution pour rétablir une partie de la navigation dans le détroit stratégique d’Ormuz, presque totalement bloqué au trafic maritime international par l’Iran depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre le pays.
« Il est dans notre intérêt de maintenir ouvert le détroit d’Ormuz, et c’est pourquoi nous sommes en train de discuter de ce que nous pouvons faire à cet égard, du côté européen », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, avant une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l’UE.
À l’origine conçue pour la mer Rouge, la mission Aspides, actuellement déployée dans cette région, pourrait être réorientée. Pour ce faire, il faudrait modifier son mandat, qui a été établi pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houtis, alliés de l’Iran, dans la mer Rouge.
« Nous discuterons avec les États membres pour voir s’il est possible de réellement modifier le mandat de cette mission », a précisé Kaja Kallas. Cependant, elle a souligné que « la question est de savoir si les États membres sont disposés à utiliser effectivement cette mission ».
Ce week-end, le président Donald Trump a intensifié la pression sur les alliés des États-Unis et sur la Chine pour qu’ils envoient des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié, indispensable aux économies asiatiques et européennes.
La France avait abordé, le 9 mars dernier, l’idée d’une mission internationale « purement défensive » pour rouvrir le détroit, sans préciser si cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la mission Aspides.
« Si nous voulons assurer la sécurité dans cette région, le plus simple serait d’utiliser déjà l’opération que nous avons sur place, et peut-être de l’ajuster un peu », a ajouté Kaja Kallas. « Il est également question d’une coalition de volontaires à cet égard, mais nous devons aussi voir ce qui permettrait d’ouvrir le plus rapidement le détroit d’Ormuz », a-t-elle encore déclaré.
Les 27 États membres pourraient donc converger vers des « critères » communs, acceptables pour les États-Unis, qui seraient par la suite présentés aux Iraniens, selon des sources diplomatiques.

