Guerre en Iran : Macron annonce un déblocage à Chypre pour Ormuz
Emmanuel Macron a affirmé lundi à Chypre préparer une future mission internationale « purement défensive », avec pour objectif de « rouvrir » le détroit d’Ormuz et permettre la circulation de pétrole et de gaz. La France, l’Italie et l’Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone, et Emmanuel Macron a annoncé que la France contribuerait « dans la durée » avec « deux frégates » à l’opération Aspides mise en place en 2024 par l’Union européenne en mer Rouge.
Emmanuel Macron a déclaré lundi à Chypre qu’il préparait une future mission internationale « purement défensive ». L’objectif ? « Rouvrir » le détroit d’Ormuz et permettre la circulation de pétrole et de gaz, dans le cadre d’un important déploiement militaire français relatif au conflit au Moyen-Orient.
Le président français s’est rendu à l’aéroport militaire de Paphos, situé dans le sud-ouest de l’île méditerranéenne, qui a été touché par un drone peu après le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran le 28 février. Il a ainsi apporté son soutien à son homologue chypriote, Nikos Christodoulides.
« Lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée », a-t-il affirmé. « Nous n’accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger », a ajouté à ses côtés le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, en précisant qu’il s’agissait d’actions « strictement défensives, loin de tout engagement militaire ». La France, l’Italie et l’Espagne ont chacune déployé une frégate dans la zone.
Dans l’après-midi, Emmanuel Macron s’est dirigé vers le porte-avions français Charles de Gaulle, situé au large de la Crète, auquel il a ordonné d’être redirigé vers la Méditerranée orientale suite au début du conflit.
Ce navire fait partie d’un dispositif naval français conséquent qui mobilisera « huit frégates » et « deux porte-hélicoptères amphibies » dans une vaste région englobant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe, a-t-il précisé.
Il a également annoncé que la France apporterait « dans la durée » deux frégates à l’opération Aspides, lancée en 2024 par l’Union européenne en mer Rouge sous le commandement grec. Une frégate française y participait déjà. Le Premier ministre grec a incité ses « collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants ».
L’Union européenne a exprimé sa volonté « d’adapter et de renforcer davantage » ses missions de protection maritime, selon les propos de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil européen Antonio Costa, après une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.
Par ailleurs, « nous sommes en train de mettre en place » une « mission purement défensive, purement d’accompagnement » qui « a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit », « l’escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz », a affirmé le chef de l’État français.
Il a jugé cela « essentiel au commerce international, mais aussi à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir à nouveau sortir de cette région », alors que l’impossibilité de navigation dans le détroit, en raison du conflit, a provoqué une hausse des cours ces derniers jours.
Emmanuel Macron a assuré être en train de préparer cette mission « strictement pacifique » avec des partenaires « européens et non européens ». Des discussions sont notamment envisagées avec l’Inde et d’autres pays asiatiques fortement affectés par la situation actuelle.
La France, présidant cette année le G7, organise mardi une réunion des ministres de l’Énergie lors d’un sommet à Paris sur le nucléaire civil. « J’ai souhaité qu’on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques », a déclaré le président français, précisant à des journalistes que les pays de ce groupe (France, États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) envisageaient parmi les « options » possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.
La brève visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer d’autres objectifs, tels que la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, ainsi que la protection des ressortissants français présents dans la région. Après avoir échangé dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, le président français a de nouveau appelé le Hezbollah pro-iranien à « cesser toutes frappes depuis le sol libanais ».
« Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l’intégrité territoriales du Liban d’être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d’assurer la sécurité de leur sol », a-t-il insisté.

