Guerre en Iran : Donald Trump ne change pas d’avis sur la trêve
Le président américain Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social la tenue de discussions sur une cessation du conflit avec des responsables iraniens. Lundi, des dirigeants iraniens ont démenti la tenue de négociations, ce qui a en partie douché l’enthousiasme observé sur les places boursières.
Le président américain Donald Trump a habitué la communauté internationale à ses changements d’avis et à ses comportements imprévisibles. Cependant, ce lundi, il a franchi une nouvelle étape en annonçant sur son réseau Truth Social des discussions avec des responsables iraniens pour mettre fin au conflit.
Suite à son annonce, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a baissé brièvement de plus de 14 %. De son côté, le baril de West Texas Intermediate a chuté d’environ 10 %. Ce retournement de la situation est notable et abrupt.
Samedi dernier, Trump avait en effet donné « 48 heures » à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, un passage essentiel pour le commerce pétrolier, menaçant de frappes massives sur les centrales électriques du pays sans mentionner de dialogue. En revanche, ce lundi, il a accordé un nouveau délai de cinq jours pour permettre la poursuite des discussions. Il a décrit des échanges « très productifs » avec des responsables iraniens « très respectés » et « très solides », sans toutefois les nommer.
« Toute ma vie a été une négociation, mais avec l’Iran, cela fait longtemps que nous négocions. Et cette fois, ils sont sérieux ! », a déclaré Trump lors d’un discours à Memphis, soulignant son instinct d’homme d’affaires plutôt que des concessions de Téhéran.
Ce schéma est devenu si familier qu’il possède même un acronyme, « TACO », pour « Trump always chickens out », ou « Trump se défile toujours », popularisé par le journaliste du Financial Times Robert Armstrong en mai 2025. Les commentateurs évoquent ce terme lorsque le président, qui déteste cette expression, a annoncé des droits de douane élevés le 2 avril 2025, avant de décréter une pause de 90 jours, ou lorsqu’il a abandonné des menaces concernant le Groenland.
Lundi, des responsables iraniens ont démenti la tenue de négociations, ce qui a tempéré l’enthousiasme sur les marchés boursiers. Les partenaires ou adversaires des États-Unis réalisent donc qu’« il y a toujours quelque chose de précaire avec cette administration, les promesses ne sont valables qu’à la seconde où elles sont faites », souligne Garret Martin.
Un expert en relations internationales, concernant l’Iran, estime que Trump a reculé en raison de trois facteurs : l’inquiétude des marchés, d’éventuelles pressions des pays du Golfe, et des « tensions » au sein de son mouvement politique « MAGA » (Make America Great Again) en raison des coûts du conflit.

