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Guerre en Iran : Discussions entre Trump et le régime des mollahs

Donald Trump a affirmé lundi que les États-Unis avaient été en contact avec un dirigeant iranien qu’il n’a pas nommé, le décrivant comme « l’homme qui, je crois, est le plus respecté et le leader ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a confirmé que des messages avaient été reçus durant le week-end de la part de « certains pays amis faisant part d’une demande américaine de négociations visant à mettre fin à la guerre ».

En seulement quelques jours, la situation entre Donald Trump et le régime iranien a évolué d’un ultimatum à l’annonce de « très bonnes » discussions, rendant difficile la clarification de l’état des négociations, d’autant plus que Téhéran a nié qu’elles aient lieu. Voici un point sur les faits, les spéculations et les perspectives à venir.

Y a-t-il des pourparlers en cours ?

La réponse semble contradictoire : Donald Trump affirme qu’il y a des contacts, tandis que Téhéran le conteste. Cela dépend probablement de la définition du terme « pourparlers ». Lundi, le président américain a déclaré que les États-Unis avaient eu des échanges avec un responsable iranien non nommé, décrit comme « l’homme qui, je crois, est le plus respecté et le leader ». Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême.

Le site Axios, citant une source israélienne anonyme, a désigné ce contact comme étant Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, réputé à Téhéran.

Cependant, Ghalibaf a affirmé sur X qu’« aucune négociation » n’était en cours, qualifiant cette annonce de « fake news » visant à « manipuler les marchés financiers et pétroliers et permettre aux États-Unis et à Israël d’échapper au bourbier dans lequel ils se trouvent ».

Le New York Times, d’après des responsables anonymes, a aussi fait état d’une « communication directe » entre le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et l’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, « ces derniers jours » – bien que cela n’ait pas été confirmé par les deux parties. Néanmoins, cela n’exclut pas la possibilité d’autres formes de « pourparlers ».

« Je ne pense pas qu’ils [les États-Unis] parlent à qui que ce soit. Je crois que cela se passe par le biais d’une médiation », a indiqué à l’AFP Ross Harrison, expert de l’Iran au Middle East Institute.

Par quels intermédiaires ?

Esmaeil Baqaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a confirmé que des messages avaient été reçus au cours du week-end de la part de « certains pays amis » concernant une demande américaine de négociations pour mettre fin à la guerre. Ainsi, le Pakistan s’est dit prêt mardi à accueillir des discussions à cette fin.

L’administration Trump a déjà mené deux séries de discussions avec l’Iran depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, chacune s’étant conclue par des frappes surprises américano-israéliennes – en juin de l’an dernier et le 28 février dernier.

Ces pourparlers étaient indirects, Oman servant d’intermédiaire en faisant la navette entre les deux parties, qui n’ont plus de relations diplomatiques officielles depuis 1980. Oman a été refroidi par ces expériences, mais d’autres pays, ayant des relations amicales avec Téhéran et Washington, semblent avoir repris le flambeau pour transmettre des messages entre les deux camps, principalement l’Égypte, le Pakistan et possiblement la Turquie.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a contacté son homologue iranien Araghchi et Witkoff dimanche et lundi. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a également déclaré lundi avoir discuté avec le président iranien Massoud Pezeshkian, tandis que le chef de l’armée, Asim Munir, aurait été en contact avec Donald Trump dimanche, selon un article du Financial Times.

Le Pakistan agit déjà comme intermédiaire diplomatique de l’Iran avec Washington, Sharif affirmant sur X que son pays est déterminé à jouer « un rôle constructif pour promouvoir la paix dans la région ». Le Qatar, souvent un canal pour la diplomatie américaine et israélienne, a cependant refusé de s’impliquer.

Des négociations sur quel sujet ?

Le principal sujet des discussions reste le programme nucléaire iranien, objet de tensions depuis 2003. « Nous ne voulons aucun enrichissement, mais nous voulons aussi l’uranium enrichi », a déclaré Donald Trump lundi, en mentionnant le stock connu de 440 kg d’uranium iranien enrichi à 60 %, proche des 90 % nécessaires pour la fabrication d’une arme.

Lors du dernier cycle de négociations précédant l’attaque américano-israélienne du 28 février, Téhéran avait proposé de récupérer son stock d’uranium de ses installations nucléaires bombardées pour le diluer à des niveaux d’enrichissement inférieurs, selon Abbas Araghchi.

Bien qu’Iran ait toujours nié vouloir acquérir l’arme nucléaire, il avait également proposé de permettre le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de l’ONU, selon des sources médiatiques.

Trump a affirmé lundi qu’il existait déjà « des points d’accord majeurs » avec les négociateurs iraniens. Toutefois, après avoir été attaqué à deux reprises, l’Iran cherchera probablement à obtenir des assurances de non-agression à l’avenir, une compensation financière pour les bombardements et la levée des sanctions.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz, une route maritime cruciale pour le transport de pétrole et de gaz, qui est de facto sous son contrôle, lui confère un levier qu’il ne possédait pas lors des précédents cycles de négociations.

« Je suis très sceptique car la confiance est anéantie par l’intervention israélo-américaine et les positions des belligérants semblent plus éloignées que jamais », a confié à l’AFP David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès, basée à Paris. « La marge de manœuvre est extrêmement faible de part et d’autre », conclut-il.